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CHAPITRE XXXVI

SllTi: DES EVENEMENTS EN POLOGNE.

Tandis que les divisions ruinaient la puissance des Tartares, l'Eglise romainr perdait une grande partie de son influence parla translation du snint-siége à Avignon; la condamnation des Templiers prouvait au monde que la politique, tout en s'appuyant sur l'élémenl

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religieux, se sentait assez de force pour le subordonner à la raison d'État. Cette émancipation des trônes et la conduite peu édifiante de quelques papes conduisirent à une liberté d'examen d'où plus tard sortit la réformation.

La Pologne, séparée des Slaves seinsmaliques, ne se rattachait à l'Europe occidentale que par une religion commune; dès f instant où cette religion était ébranlée v il était facile de prévoir qu'à la longue la lutte contre ses voisins lui deviendrait défavorable.

Casimir le Grand, à son avènement au trône , se trouvait menacé par Jean, roi de Bohême, qui prenait le titre de roi de Pologne. Pour désarmer les prétentions de la maison de Luxembourg, ii tit cession à ce prince de la Slavie , et abandonna aux chevaliers Teutoniqueg la Poméranie, en échange de quelques domaines. Son but était de grouper les provinces du royaume de manière à lui donner cette unité administrative qui lui manquait. D'un autre côté, il obtint que la Bohême renoncerait à la Mazovie ; il occupa Galitch, et s'efforça d'organiser la Russie-Rouge à l'instar des possessions polonaises.

Il comprit que la guerre n'était qu'un moyen extrême et que le but de tout gouvernement sage doit être le développement de la prospérité intérieure , par de bonnes lois qui favorisent le progrès des lumières, de l'agriculture, du commerce et des arts. 11 éleva des torts et

à l'ordre équestre ses droits et privilèges, et à le réintégrer dans ceux qui lui avaient été enlevés. Telle est l'origine des Pacta conventay contrat qui obligeait le souverain et la noblesse , laquelle, à cette époque, représentait à elle seule II nation. Depuis ce moment, le trône de Pologne fut électif; et les empiétements successifs de l'ordre équestre rendirent le monarque tellement dépendant, que, dans les grandes crises de l'État, l'autorité désormais flotta au gré des passions et des partis. Sous le règne de Casimir, les Juifs, persécutés dans le reste de l'Europe, se répandirent en Pologne, où, avec In souplesse et la ruse qui les caractérisent , ils s'emparèrent bientôt de toutes les transactions. Au reste, ces pacta conventa ont une origine trop rapprochée de la bulle d'or de Charles IV (1 35(5) pour qu'on n'y voie pas un des nom* breux effets de l'influence de l'Allemagne. L'avènement de Louis de Hongrie interrompit la ligue des Piast ; ce règne, stérile pour la Pologne, était comme le présage qu'elle n'aurait rien à gagner en choisissant ses souverains parmi les princes étrangers. Louis combla la noblesse de nouvelles faveurs, et obtint d'elle, i force de concessions, que la couronne de Pologne pourrait passer dans la ligne féminine de sa famille. En effet, à la mort de Louis , sa fille Hedwige remporta sur les autres prétendants. Cette jeune princesse, que le feu roi avait fiancée à Guillaume, duc d'Autriche, ne m

i inconvénients s'élevaient à côté avantages. Formée de cette zone e et sans profondeur, la Pologne avait mêlée à tous les intérêts des «s Scandinaves, comme à ceux gîtaient l'Allemagne, la Russie et ironie. A la moindre secousse, il y , sar un point et sur l'autre, soluseeontinuité, tandis que, en temps îi. l'éloignementda centre dn pouavorisait les influences locales et les lions privées. Si elle eût profité des ions qui loi permettaient de s'arron- » le Nord , la Pologne eût probant arrêté le développement rapide Russie et de la Prusse, ou bien, en

; vers le sud-est, elle aurait pu * provinces, slaves d'ori-

leurs neuves et leurs monta-

protègent d'une manière si admi-

, et qui attendent encore aujour-

rarrêt définitif de leur destinée

que.

pilon prit le nom de Wladislas eevant le baptême, et jura, avant t sacré par l'archevêque, l'obtion des pacte conventa. Bientôt tit pour Vilna avec la reine Hed- , dont les vertus et la persuasion pins pour la conversion du peuue n'avait pu dire en deux siècles aive des chevaliers Teu toniques, doles disparurent; on éteignit le acre; et de nombreuses églises s'ént dans ces lieux si souvent ensan- « par les persécutions de l'Ordre fanatisme païen. Si la Pologne ompté beaucoup de rois comme •ige, elle aurait sans doute imposé »is au lieu d'en recevoir. En l'abde Jagellon, qui guerroyait contre id de Wallenrod, grand maître de re, elle apprend que les Hongrois en t d'envahir les terres russienues :

'arme aussitôt ; se met à la tête noupes qu'enflamme l'héroïsme de jeune reine, bat l'ennemi près de nysl, poursuit ses avantages, et restant par les négociations que par Des, plusieurs places importantes, itre autres Lemberg et Galitcb.

; avoir doté la Pologne d'un grand re de fondations utiles, elle moula fleur de l'âge, mélange extraore de vertus, de grâce et de force !. Les Polonais contemplent avec

vénération, dans le couvent de Cstnstokowa, une étole brodée de ses mains.

L'union de la Pologne et de la Lithuanie avait d'abord été appuyée par l'Église comme un fait religieux, mais l'Allemagne et l'ordre Teutonique ne la voyaient qu'avec une appréhension jalouse. Jagellon, pour rendre moins sensible ce que cette incorporation subite d'une population belliqueuse à un État longtemps rival pouvait avoir de blessant pour les chefs lithuaniens, avait d'abord confié le gouvernement dn grand-duché à son frère, qui se fit détester, ce qui suggéra à Witold, leur cousin, le projet de s'emparer de la couronne ducale. De là des tentatives continuelles de la part de ce dernier, qu'excitaient à la révolte les chevaliers Teutonique*. Jagellon voulut désarmer Witold à force de générosité; il lui donna Je gouvernement du duché; ce qui irrita son frère et le porta à la rébellion. La bataille de Griind wald brisa la puissance de l'Ordre (1410); le grand maître Ulrich tomba lui-même dans l'action; et, si Jagellon eût profité de la victoire, c'en était fait peut-être de ces ennemis dangereux. Ils eurent recours à l'intrigue, caressèrent l'ambition de Witold, lui promirent la Samogitie , et le déterminèrent à une honteuse défection. Une dernière lutte n'eut pas pour eux une issue plus favorable ; elle amena la paix de Tnorn, par laquelle il fut stipulé qu'ils payeraient à la Pologne six cent mille florins , qu'ils lui restitueraient plusieurs domaines, et que Witold recouvrerait la Samogitie. L'intervention de l'empereur Sigismond et la turbulence de Witold empêchèrent ce traité de porter ses fruits. La possession du cours du Dnieper, la Moldavie et la Valachie tributaires; l'influence de la Pologne sur les Tartares de Crimée, tout semblait désigner à Jagellon de quel côté la Pologne eût été moins vulnérable; la fatalité le rattacha aux intérêts de l'Occident. Ce fut sans doute pour ne pas porter ombrage à l'empereur qu'il refusa la couronne de Bohême; ce qui eût donné une grande force à l'élément polono-slave. 11 aima mieux caresser la noblesse, comme pour faire oubli» son origine lithuanienne. Ce fut sous son règne que se tinrent les premières dié-

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Unes, où Ton préparait les questions qui devaient être débattues à la dicte. Les noble*, qui n'avaient d'abord que voix consultative en matières d'impôt, discutèrent bientôt toutes les questions de prérogative royale, et dépensèrent plus d'énergie et de combinaisons savantes pour le triomphe des partis qu'il u en eût fallu pour sauver la nationalité polonaise. Kn Pologne, sous Wladislas Jasellon, et en Russie sous Dmitri Donskoï, l'usage de la poudre à canon modifia la tactique militaire. Autrefois les places n'étaient entourées que de fossés que dominaient des murai il es la plupart du temps en bois ou de terre. Les sièges duraient peu ; et , quand les assiégeants étaient nombreux, la défense était regardée comme impossible. Le nouveau système de fortifications rendit plus difficile le rôle de l'attaque. Les peuples nomades, dont les forces principales consistaient en cavalerie, ne purent séjourner autour des villes attaquées qu'autant que les environs leur fournissaient des fourrages. La force corporelle, qui assurait souvent l'avantage aux barbares, fut soumise aux mêmes chances que la faiblesse relative, et lesgrandes invasions devinrent impossibles. H fallut un autre genre de courage pour braver la destruction , et la part de l'intelligence fut plus grande dans la victoire.

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