‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 31 sur 218 · SOLIMAN · texte numérisé non relu

SOLIMAN

Au commencement du troisième siècle, un prince tartare, nommé Soliman, quitta les bords de la Caspienne, et, pénétrant dans l'Asie Mineure, soumit diverses tribus sur sou passage, et trouva la mort en voulant traverser l'Kuphrate. Les guerriers qui l'avaient suivi étaient des Oeusiens ou Turcs. Il laissait quatre fils ; deux d'entre eux retournèrent au pays natal ; mais les deux autres, Togrul etbundar, s'arrêtèrent dans le pays conquis entre Alep et Césarée. Peu de temps après, Dundar mourut, laissant son frère maître du pouvoir. Aladin, sultan d'1conium , de la famille des Seldjoucides,

L'UNIVERS

et dont le pouvoir s'étendait sur plusieurs provinces de la Syrie et de l'Asie Mineure, s'attacha Togrnl et te mit à la tête de ses armées. Le Turc défendit les domaines de son bienfaiteur contre les attaques des Tartares, et conquit sur les Grecs la ville de Kutahi ; cette victoire marqua le terme de sa carrière. Othman, un de ses fils, hérita de son courage et de la faveur d'Aladin, auquel il succéda vers l'an 1300. Les commencements de son règne furent difficiles : il avait à se faire pardonner son élévation, et à lutter contre les princes voisins et surtout contre les Grecs, qui se liguèrent pour arrêter le progrès de ses armes. Il les prévint et les réduisit à l'impuissance. En même temps qu'il menaçait la ville dePruse, il imposait le Koran à tous les princes et gouverneurs de cette partie de l'Asie, et préparait ainsi un système complet de conquêtes, qui devait amener la chute définitive de l'empire grec. Son fils Or khan venait d'emporter Pruse, lorsqu'il fut appelé pour recueillir les derniers soupirs du vieux sultan.

OBKUAN.

Orkhan établit sa résidence à Prose:

et, après s'être affermi sur le trône, il se prépara à de nouvelles conquêtes. La prise de Nicomcdie et de Nicée lui ouvrit toute la Cappadoce; il établit partout des écoles ou la jeunesse était instruite dans les préceptes de l'islamisme, car les vaincus étaient considérés comme esclaves. Lb nVsir dt* l'a m- triompher ses

à former les mameluks. Ces étaient de jeunes chrétiens ac enlevés dans la Circassie, et au:

avait fait adopter la religion mu Orkhan portait des regards a sur l'Europe ; il brûlait d'att centre de leur puissance les ( n'avaient pu lui résister en Asie Turcs n'avaient point de marin

auaient des premiers élément* e la navigation. Cependant il maîtres d'une des rives duBos] les palais du rivage opposé se les inviter à franchir ce faible Le hasard, ou plutôt l'incurie d amena bientôt le résultat dé jour, Soliman, fils du sultan, sur le détroit, à la tête de hommes déterminés. Us formt hâte un radeau, sur lequel ils rèrent en gouvernant l'emba l'aide de quelques perches, e vinrent au rivage opposé. 1 par un paysan dans le château < l'ancien Sestos, ils s'en emp persuadent aux habitants, la pilotes ou matelots, d'aller pr< la côte d'Asie plusieurs milliers qui les attendaient. L'appât < compense eut bientôt déter Grecs; et le lendemain Solii maître du château Aïosa Kon trouvait dégarni de troupes corn mier. La résistance fut pluslor Gallipoli; mais bientôt cette p pourvue de moyens de défense, oit voir des assaillants. Le suit,

AWJBAT.

bue à A murât l'institution aes ralerîe d'élite, dont le cou* at décida plut tard du succès bsliilles. Pour reudre l'ardévouée et plus dépendante, une partie des terres conqui- «r* ou domaines dont les reattribués, mais à titre d'uîtanent, à des sujets turcs, galion d'entretenir un cheval * le sultan à la guerre. Les dont la fortune dépend -de la npériale, ont ainsi le plus îrtt à faire preuve de zèle MTfîee militaire, et tiennent d'avoir de bons chevaux et raies. (Test ainsi que la connectait les forces clés armées sa, où Ton a compté jusqu'à ante mille cavaliers. Amurat ementses soins à l'infanterie.

léta l'organisation des janisit le nombre s'accrut en raili des prisonniers, etdistribua

0 en chambrées ou odas, qui t à des chefs particuliers sous udement supérieur d'un aga.

1er à cette constitution une "digieuse, il envoya les preats enrôlés dans le corps vers he dont la sainteté était en Dération. Le solitaire imposa

de son caftan sur la tête d'un limes , et s'écria : « Que leur e soit Gère, leurs mains tourneuses, leurs épées toujours »s, leurs lances toujours prêtes l'en n eiu i, et qu'ils doivent à ge une constante prospérité.»

is ce temps qu'ils out pris le issaires, c'est-à-dire nouveaux eur bonnet a conservé la forme che du derviche, comme pour :1er que la bénédictiou du proccompagne partout, que les empereurs grecs, avant nce de leur faiblesse , s'eftbrtetruire leurs ennemis les uns res, et se trouvaient forcément Je ceux qu'ils craignaient le

1 ce qui arriva à Jean Paléoloirince était en guerre avec , roi des Bulgares, qui, aidé des

des Moldaves et des Tran-

sylvains, avait remporté sur lui plus d un avantage. L'empereur crut pouvoir conjurer ce danger en recourant à l'assistance des Turcs. Audronic et Contuz, le premier fils de Jean Paléologue, et le second fila du sultan Amurat, réunirent leurs forces et défirent l'ennemi à Sirmen. L'union des deux jeunes vainqueurs n'était qu'apparente; Andronic flatta l'ambition de Contux, l'excita à se révolter contre son père, et lui donna lui-même l'exemple de la rébellion. Amurat soupçonna l'empereur d'être de connivence avec Andronic, et repassa promptementen Europe à la tête d'une armée formidable, après avoir déclarée Jean que sa sévérité envers le coupable lui donnerait la mesure de sa bonne foi. L'armée des rebelles était campée à quelque distance de Constantinople; les représentations et les promesses du sultan eurent bientôt fait rentrer les Turcs dans le devoir. Les deux jeunes princes se renfermèrent à Dédémotique, où malgré une vive défense ils furent obligés de se rendre. lie sultan, après avoir tait crever les yeux de son fils, et ordonnéqu'on précipitât du haut des tours de la place la garnison vaincue, exigea de Jean Paléologue qu'il traitât de même Andronic. Le faible empereur n'osa résister, mais ce supplice n'eut qu'une partie de son effet. Manuel, associé à l'empire, tenta de reprendre sur les Turcs quelques places dont ces derniers s'étaient empares , et se retira dans Thessalonique, en priant son père de lui envoyer du secours : Jean Paléolo- «ue n'osa s'y résoudre; la ville tomba au pouvoir dé Karatin, général des Ottomans, et Manuel dut se rendre à Andrinoplepour implorer la clémence d' A murat. Tandis que le sultan passait des soins de la guerre à ceux de l'administration, qu'il créait un cadilesker ou juge su-

firéme de tous les cadis, et qu'il fixait es fonctions du grand vizir, le tsar ou despote de Servie voyait avec inquiétude les rapides progrès iresTurrs.il demanda des secours a la Bosnie, a la Hongrie et à la Pologne, qui, occupées de leurs propres dissensions ne purent l'aider que faiblement. Il attendit l'ennemi sur la Morava, et obtint d'al>ord quelques succès; mais bientôt la fortune changea, et IN issa, capitale du pays fut prise d'assaut.

L'UNIVERS

C'est au milieu de ces désastres que le tzar de Bosnie, Twartko, vint lui proposer de céder à la fortune et de l'aider à conquérir la Hongrie. Plusieurs boyards appuyèrent cet avis, et, entre autres, sou gendre Wuk Brankowitch. Lazare, se voyant si mal appuyé, se soumit au sultan, qui exigea de lui un tribut et mille soldats pour son armée. Cette humiliation pesait au prince de Servie; il voulut d'abord tourner ses armes contre les Hongrois; bientôt, comprenant que les Turcs profiteraient seuls de toutes ces discordes, il essaya de se faire un allié de celui qu'il avait eu l'intention de combattre, mais ses instances demeurèrent sans résultat. Ses envoyés réussirent mieux auprès des Albanais,des Bulgares et des Thessaliens. Cette ligue aurait pu être redoutable aux Ottomans ; heureusement pour Amurat, la discorde paralysa les projets de Lazare. Il avait pour gendres deux hommes d'un caractère bien différent : l'un , Wuk Brankowitch, d'une naissance illustre et gouverneur de plusieurs provinces ; l'autre Milosch, qui ne devait sa faveur qu'à son courage et à son mérite personnel. Un jour leurs femmes se prirent de querelle, chacune vantant son mari et l'élevant au-dessus de son beau-frère; Wukossawa, épouse de Wuk, s'emporta contre Marie jusqu'à lui donner un soufflet. Les deux chefs convinrent Je vider cette querelle en combat singulier. Milosch démonta Wuk, mnis sans qu'il y tût de sang répandu. Dep u is ce m om e n t,

prouverait bientôt s'il était ca[ trahir sa religion et son roi.

Le lendemain matin il avait du camp avec deux jeunes guen déjà cette nouvelle avait répandu ble dans les rangs des Serviens Lazare ranima le courage de ses

Milosch s'était rendu au ca Turcs, annonçant qu'il voulait au sultan , et à peine se fut-il qu'on s'empressa de le condu tente d' Amurat. Là, s'agenouill vant lui, selon l'usage, il s'incline pour lui baiser la main , et le fi

{>lu sieurs coups dfe poignard, pi ançant hors de la tente, il tom les coups des gardes après en a mole un grand nombre.

BATAILLE DE KOSSOWO

Cependant le sort de la Servi cidait à Kossowo (1389). Déjà le fuyaient en désordre devant I d'armée que commandait La personne, lorsque Wuk livra t sèment l'aile qui lui avait été co:

sorte que les Serviens, au mon ils se croyaient su rs delà victoir rent enveloppés de toutes les fc l'ennemi, rendu furieux par le i du sultan. Tant que vécut Laz Serviens tinrent ferme; mais soi s'abattit, et on le crut mort. Alo route devint générale. Entra même, le tsar tomba dans un fo il fut égorgé ; selon Vautres, on duisit a !a tente d'Amurût

e d'autant plus de joie que cette frais que j'étais percé par une Hernie . • Aussitôt un Tnballien, iu service de Lazare et qui gisait ;s morts, se leva et frappa le suli coup de poignard. On ajoute main droite du meurtrier fut ians le tombeau de sa victime.

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