CHAPITRE XLII
SCANDKRBKG.
A cette époque , un ennemi redoutable menaçait les Turcs. Parmi les {irinees qui s'étaient soumis à Amurat orsqu'il fit la conquête de la Macédoine et de l'fipire, était un chef albanais nommé Jean Castriot, qui fut forcé, pour conserver ses Ktats, de payer uu tribut au vainqueur et de lui donner ses quatre fils en otage. Trois de ses enfants périrent, empoisonnés , dit- on , par ordre du sultan. Le dernier, Georges Castriot, obtint sa faveur, et fut élevé dans la religion musulmane; mais, avec le désir de s'élever, y avait conservé la foi de ses pères. Les Turcs avaient changé son nom de Georges en celui de Skender dont les Européens ont fait Scanderbeg. Il fit ses premières armes
L'UNIVERS
sous son protecteur, qui , à la mort de Jean Castriot, se garda bien de donner à ce prince pour successeur un jeune guerrier entreprenant dont le mérite et l'intrépidité lui étaient connus. Scanderbeg avait fait la campagne de Hongrie qui se termina pour les Turcs par la levée du siège de Belgrade. Là , il étudia la tactique des chrétiens, et; les revers des Ottomans lui apprirent comment , pour les vaincre, il suffisait d'opposer à leur fougue une résistance opiniâtre. Un expédient hardi le débarrassa de leur tutelle. L'empereur avait laissé la conduite de cette guerre malheureuse à un pacha que l'ennemi fit prisonnier. Scanderbeg, profitant de la confusion qui s'ensuivit, attira dans sa tente l'officier qui gardait les sceaux de l'empire , et le força de sceller, au nom du sultan , un ordre au pacha d'fipire de remettre entre ses mains la ville de Croïa et tout le district qui en dépendait. Muni de cet ordre, il poignarda le pacha, qu'il enterra sur le lieu même du crime pour en effacer la trace, et se hâta d'aller prendre possession de l'héritage paternel. Un chef de ce caractère pouvait compter sur le dévouement des Albanais, et Scanderbeg disposa tout pour une sérieuse résistance. Il obtint des Vénitiens des secours considérables en argent ; il paraît que le roi de Naples, Alphonse 1er, lui' envoya des ingénieurs et quelque artillerie ( 1 ). Amurat résolut de réduire cet cnueini quil avait formé lui
cruautés qu'il y exerça , loin d'inti l'ennemi, ne firent que l'exaspér vantage. Scanderbeg avait à peii mille hommes à opposer 5 soixante cavaliers et à quarante mille janis Croïa, située entre des montagna vait soutenir un long siège; la ga était d'environ six mille hommes comte d'Umena y commandait. Q Scanderbeg, il aima mieux tei campagne que de s'enfermer dai retranchements. Il laissa l'ennera gager dans les défilés, qu'il oc pour lui fermer toute retraite, tillerie albanaise, qu'on avait à force de bras sur les hauteurs drovait tout ce qui paraissait s seuls chemins praticables. De non partisans interceptaient les munit les convois , et l'artillerie du coml ruena faisait de grands ravages <L rangs turcs. Ce fut en vain qu A me saya de gagner le gouverneur. Tan< ce dernier faisait des sorties, le priiK nais tombait sur l'ennemi à l'impr et le forçait à se tenir lui-même défensive. Quelquefois, entouré de riers d'élite, il pénétrait de nuit c camp des Turcs, portant, ainsi q siens, une tunique blanche sur i mes pour qu'ils se reconnussent d ténèbres , et ne se retirait que lo était las de carnage. Il corres|i avec les assiégés au moven de feu:
mes sur les hauteurs. L'armée tur fondait au milieu de ces luîtes pari
il mourut dans ta cinquan- , après avoir célébré le maie soo fils Mahomet a? ee la fille man-Beg, despote «TÀlbiitan.