‹ Provinces danubiennes et roumainesChapitre 4 sur 218 · LA DACIE ET LUS PBOVINCES VOISINES DEPUIS CONSTANTIN. LES GOTHS · texte numérisé non relu

LA DACIE ET LUS PBOVINCES VOISINES DEPUIS CONSTANTIN. LES GOTHS

Constantin réprima les invasions des barbares; à l'exemple de Trajan, il fit construire un pont sur l'ister. Ce prince était né à Naïssus en Dacie. Il montra des talents militaires dans la bataille d'Adrianopolis, où il défit Licinius; mais ce qui a rendu son nom à jamais célèbre, c'est d'avoir transporté à fiyzance le siège de la puissance orientale de l'empire. Depuis cette mesure, corollaire admirable du triomphe du chistianisme, Rome, la ville païenne, n'a plus qu'une importance secondaire; c'est en vain qu'elle veut lutter contre ses destinées : elle donnera longtemps encore son uom au système dominateur; mais désormais tous les grands intérêt»

graviteront vers l'Orient: l'Europe du monde barbare sera complexe. Coustannople résumera à elle seule l'influence

Îtrecque et latine sur la civilisation de 'Asie.

C'est vers le commencement du IVe siècle que le christianisme s'introduisit chez les Goths. Au coucile de JNicée , ils étaieut représentés par leur evéque Cléophile. Un demi-siecle plus tard , Ulphilas prêchait l'évangile dans la Dacie, retombée sous ie joug des barbares. Depuis cette époque l'élément religieux commence à se inéier au mouvement politique; ce n'est pas eu vain que Constantinople est devenue chrétienne. Mais jusqu'à quel point les Goths de cette époque étaient-ils chrétiens?

Est- il probable que l'organisation toute guerrière de ce peuple lui laissât le temps et les moyens d'étendre à tous les barbares dont se recrutaient ses armées les doctrines de l'arianisme ? sans doute quelques-uns des chefs étaient chrétiens , et leurs bandes se disaient chrétiennes ; mais lts nouveaux veuus , les auxiliaires , ceux que le torrent avait entraînés daus une expéditiou commune n'étaient qu'à demi convertis , ou étaient restés entièrment païens.

l'univers.

Sortis d'abord de l'Asie, les Goths s'établirent dans la presqu'île Scandinave , sur les bords et dans les îles de la Baltique. Les uns prirent le nom de Visigoths ou Goths de l'Occident , et les autres d'Ostrogoths ou Goths orientaux.

Les Gépides , venus comme eux de la Scandinavie, paraissent appartenir au même peuple. Ils remontèrent les bords de la Vistule, et suivirent la chaîne des monts Carpathes. Us s'étendirent aussi dans la Prusse et chassèrent devant eux les Burgundes, les llérulesetles Vandales. Ces derniers, comme les Vendes et les Venètes, étaient probablement d'origine slave. Les Goths, poussant devant eux les Bastames, traversent le pays des Jazyges et des Roxolans, et parviennent jusqu'aux embouchures du Tanaïs et du Borysthène. De là , courant vers le sud-ouest, ils envahissent la Dacie et s'avancent jusqu'à Marcianopolis , capitale de la seconde Mœsie, qui échappe à la destruction en payant un tribut aux vainqueurs. L'empereur Décius essaya en vain d'arrêter le torrent; il fut battu et perdit la vie. Dès lors les barbares eurent le passage libre. La richesse du butin qu'ils avaient fait attira sur leurs traces de nouvelles hordes , et il fallut tous les efforts de Constantin pour les contraindre à porter ailleurs leurs ravages. Les Vandales étaient en guerre avec les Goths, et l'empereur, dans le but d'affaiblir les barbares les uns par les autre* , avait

partage des meilleurs solda minuait les dangers à l'cxtérie en même temps à la sédition d bien moins favorables.

La Thrace, au temps de C formait cinq provinces, sav Thrace européenne; 2° l'Hém montes) ; 3° Rbodope ; 4° la M Scythie.

La Macédoine se divisait er nombre de provinces : 1° la ; proprement dite; 2° l'Aclu Crète; 4° la Thessalie et 5° l'I

L'illyrie occidentale se cor six provinces , savoir : le» de nies, la Servie, la Dalmatie, i maritime et la Norique médit

Dans ces provinces, coin toutes celles qui reconnaissait de l'empire , l'oppression et I des agents du Gsc détruisaient partie les bons effets qu'ai produire des lois sages et Vu ministration. Il était facile c que les abus de la force, rc odieux parleur contraste ave ceptes de la religion nouvel!* valent s'exercer longtemps a nité sur des faces qui avaient l'énergie et le nombre, et qui i pris à compter et à juger leui On crut atténuer le péril en attributions judiciaires et adi ves : on nomma des maîtres d sur tes points les plus m ?n. -travail deux sur le Danube, et

moeurs militaires. Ainsi les le mieux combinées étaient se que le patriotisme n'existe les niasses; il se produite beaux laits d'armes , des swage individuel; mais les i battaient en courtisans,

se concilier la faveur du nr Tintérét et la gloire de d mot le dévouement civire et la vertu un souvenir.

irbores, an contraire, l'opmissait l'énergie, et la haine ai commun.

révision que les provinces ittendaient qu'une occasion mr reprendre les armes , on ivee une dureté qui aurait ■ener ce résultat, mains étaient dégénérés, ■ rendaient stérilesles avannportaient.les barbares; un de domination, l'amour du rétentions que faisait naître rindiscipline et le désordre rté et surtout l'absence de lues constataient leur innme nation. Habitués à la servaient les Romains pour comme ils les avaient com-

faire du butin , ou même

pour occuper leur courage ( que la détection offrait un essait pour eux d'être honi mot, ils aimaient le triom- |ue la gloire.

eaient l'exploitation de leurs nérales, non qu'ils lesmépri- «qu'ils dépouillaient les pamples, mais dans la crainte [fassent un appât à la cupie, qui se serait servie de leurs orger leurs propres chaînes.

les indications naturelles pour mettre les vainqueurs ;. Siscia, en Illyrie, avait s monnaies. Les esclaves et i employés à fouiller les mièlent les montagnes de cette 'enfuyaient fréquemment; inge d'un asile , ils coramuix barbares les connaissances e leur profession, nerce que faisait l'empire vinces danubiennes était surlérable par le transit des

marchandises qui passaient par la mer Noire; la Thrace, la Messie et la Dacie leur fournissaient du bois, du bétail et des grains; les mêmes produits composent aujourd'hui le commerce d'exportation de ces provinces.

Quant au trafic des métaux , des armes fa briquées et des objets deluxe, les règlements lesplussévères l'interdisaient spécialement. Mais toutes ces précautions, indices de faiblesse et de crainte, n'empêchaient pas des hommes résolus de trouver des armes; quand l'empire était menacé d'un autre côté , il fallait bien qu'il prit à sa solde ces barbares dont il se méfiait. Dans les guerres de Constance contre Saper, roi des Perses, les Thraces faisaient la principale force des légions. Rome était comme un 'vieillard dont les excès ont usé la constitution robuste ; entourée de barbares avides, elle les voyait se disputer d'avance son héritage, incertains s'il fallait encore attendre ou frapper. Un soldat , Magnence, est proclamé dans la Gaule , et fait assassiner dans Rome son concurrent Popilius Nepotianus. Un autre barbare , Vétranien, essaye à son tour la pourpre; puis, voyant ses partisans vendus à Constance, il se dégoûte de la lutte, et se retire à Pruse. Magnence, vaincu sur la Drave après une lutte désespérée, se poignarde à Aquilée.

L'audace, l'assassinat, la trahison, le suicide, et jusqu'à la satiété, étaient déjà familiers aux barbares; Rome n'avait plus rien à leur apprendre. Tour à tour auxiliaires intéressés ou hostiles , ligués ou seuls, on les voyait défendre ' ce qu'ils avaient dévasté , et ruiner ce qu'ils venaient de défendre. Sur le Tigre et l'Euphrate, comme sur le Rhin et le Danube , leur instinct se manifestait par l'incendie des villes, des forts , de tous les établissements qui leur paraissaient une menace ou un indice de puissance et de prospérité, représailles terribles des longues déprédations romaines.

A cette époque, le christianisme comptait encore de nombreux adversaires, qui attribuaient à l'abandou des dieux tutélaires du Capitole des revers qui n'étaient qu'une conséquence naturelle d'un système de domination universelle au profit d'abord d'unn seule classe, et plus tard d'un seul

L'UNIVERS

réfèrent. Ils paraissaient même disposés à rétrograder, lorsque le général romain, dans la crainte qu'ils ne lui échappas* sent, leur ût suggérer le conseil de l'attaquer à l'improviste. Les Goths , dupes de ce stratagème, passèrent le fleuve sur des barques grossièrement construites , que détruisit sans peine la flottille impériale. Théodpse, après avoir triomphé presque sans combattre de l'imprévoyance des ennemis , enrôla les uns et dispersa les autres dans la Thrace et l'Asie Mineure. Là , exempts d'impôts et astreints seulement à fournir au besoin un contingent militaire , ils reconnurent la suprématie de l'empire, mais sans renoncer à leur langue , à leurs lois et à leurs usages. Ulphilas traduisitdans leur idiome les saintes Écritures , en employant les caractères grecs , et c'est par cet'évêque que les doctrines ariennes prévalurent longtemps parmi les Goths convertis. La morale de l'Évangile n'adoucit qu'à la longue la férocité de ce peuple aventureux : à la table même de Théodose , deux de leurs chefs se prirent de querelle , et l'un d'eux , Priulf , fut frappe mortellement par son adversaire.

Les provinces danubiennes et celles

qui s'étendent sur la côte orientale de 1 Adriatique, tantôt envahies, tantôt re-

ration de l'empire eut heu déGnitive-

mer Adriatique jusqu'aux bo Danube, tout tremblait devant victorieuses d'Alaric. Arcadi l'espoir de le désarmer, lui cet mandement des provinces qi de ravager. Les places de la | illyrique , Margum , Ratiaria , Tnessalonique, si importante fabrication des armes et des nu guerre, lui fournirent le m ses expéditions, et secondai somment ses moyens d'attaqu Salué roi par les siens , il i le monde du regard, incertain qu'il allait se faire , et venda tour ses services à l'Orient et dent. L'Italie lui paraissait t plus facile à défendre dès qu parvenu à s'en emparer. Cesti que les destinées de Rome l'ap Mais il rencontra un rude s dansStilicon, qui le vainquit tia, et arrêta pendant longl autres barbares , Vandales , B Suèves, qu'il tailla en pièces plaines de Florence. Vaincu découragé, Alaric s'était relev nouvelles forces; Stilicon Tapai de concessions, et l'entraîna da d'Honorius ; il espérait rattac Plliyrie à l'empire d'Occident Goth nourrissait des espérai ambitieuses : il exigeait des et l'abandon d'un territoire , conquêtes qu'il méditait. Tand licon voulait tout accorder, le

Mites les ressources du génie délié kcs contre les hordes du Nord , mtôt victorieuses, tantôt repous- !éparatet bientôt leurs pertes , et lient imposer aux Romains déjzéné- *% cfirioni de territoire et Tigno- \ d'an tribut. L'eunuque Entrope xiait le faible Arcadius. S*étant

Gainas, qu'il regardait comme trament docile , ce Goth envoyé ombattre ses compatriotes, se joint et rentra en vainqueur dansConssple. Bientôt chassé lui-même, Ile dans la Thrace, franchit le Daet périt dans un combat que lui ridés, roi des Huns, qui envoie sa Arcadius.

■ta la môme époque que le préfet sains fit mettre en état de défense de l'Illyrie, entourer ; de nouvelles murailles , ! une flottille destinée à surle cours du Danube. Ces sages es loi permirent de repousser les

an delà de ce fleuve.

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