CHAPITRE V
La Iaponria forme le pays de la troisième langue. Les Albanais lapides descendraient-ils des lazyges, dont les traces se perdent , après leur marche vers le Pruth , où ils paraissent s'être mêlés avec les Daces et les colonies romaines
2ui , sous Trajan , fondèrent la ville *lassi? Cette conjecture est combattue par l'autorité de Magius Patavinus. En face de la lapygie d'Eptre, et en vue de rAorocéraune, on trouvait sur le continent de ritalie une appellation toute semblable, et, selon l'écrivain que nous venons de citer, les Italiotes de cette contrée auraient été les ancêtres des Épirotes surnommés Albanais, les uns et les autres tirant leur origine des anciens Albans, sortis dPla Colchide.
Il ne sera pas hors de propos de rapporter ici l'opinion de Duplessis, historien de Scanderbeg : « On dit que les Épirotes qui sont aussi parlés Albanois, descendent jadis de ces nobles et anciens peuples d'Italie i qui pareillement tindrent certaine partie de la Colchide : de laquelle quelqu'un disoit que le langage albanois, ou épirotien fust dérivé ; peut-être selon mon jugement, ne seroit-ce à lui mal opine : attendu que Strabon a écrit qu'il y a là seize langues en usage : iointaussi que le pape Pie II, homme très-docte es droits divin et humain, et aucuns modernes qui ont suivi Troge Pompée, sont presque de cette opinion. Et de fait dit Troge Pompée que la source des Albanois est d origine italienne , assurant que les Albanois suivirent Hercule au partir d'Italie, après avoir tenu pendant un espace de temps les troupeaux de Géryon par lui amenés en cette province, alléché de la fertilité des her-
L'UNIVERS
« bages. De ceux-ci sont issus les Albert nois , desquels parti fait sa demeure « au Péloponèse , parti en Macédoine, « Albanie ou Épire. »
L'assertion de Trogue Pompée, vague comme toutes celles qui se rattachent à l'époque héroïque, prouve du moins qu'une tradition ancienne faisait remonter à plus de douze siècles avant notre ère rétablissement des lapides dans l'Épire.
Comme la plupart des peuples qui ont fondé des colonies, les Albanais paraissent avoir donné à leurs nouveaux établissements des noms qui leur rappelaient la patrie; selon quelques étymologistes, dont au reste les rapprochements sont loin d'être incontestables, le val d'Orco aurait emprunté son appellation aux Aorses. C'est sur cette plage que fleurirent Oricum, restaurée par Hérode Atticus, et Palerte, lieu consacré aux Furies. Les Arberi ou Abari , qui habitent près des sources du Faux Simoïs, seraient les descendants des Avares, tribu des G é rides, et les Skrueli (ou Têtes-nues) auraient pour ancêtres les .Scythes, qui, au rapport de Quinte-Curce, n'avaient pour coiffure que leur fronde de combat. A l'orient des Abari , dans la vallée que baigne leXélydnus, étaient les Argyrines, aujourd'hui les Argyrocastrites ; on peut reconnaître les Kardouchi dans les Kardikiotes ; et Ducatès, qui doit son nom récent à Michel Ducas, de la famille des Paléologues. serait In
cruauté une vengeance éclatante après la mort de ce grand captti Albanais durent se soumettre a des infidèles. L'ordre que len prescrit Bajazet d'embrasser l'iali fut renouvelé ; les habitants de la obéirent moins par crainte que
Sue leur conversion leur donnait e porter des armes ; quant aux tes, ils firent tête à l'orage, et rc fidèles à la religion de leurs pèn