ORGANISATION PROVINCIAL
L'organisation provinciale des Mirdites était simple comme leurs besoins et leurs mœurs. Vers le quinxième siècle, pour imprimer une direction unique à l'administration, ils résolurent de se donner des ehefs, qu'ils nommèrent Prinks ou princes; Imocim (anciens); /part (Primats). Le premier qu'ils élurent était un descendant de la famille des Lecbs (Alexandre), nommé Zacharie, dont parlent les historiens de Scanderbeg. Ils déclarèrent que sa linée, par ordre de primogéniture et à exclusion des femmes, continuerait à
gouverner dans le pays et les commaneraiten temps de guerre. Plus tard ils associèrent à ce chef un collègue. Cette dignité fut conférée aux abbés mitres d'Orochcr, qu'on déclara les
L'UNIVERS
magistrats de la nation, et qui , en cette qualité, furent depuis soumis à l'élection. Les Albanais catholiques» qui servent dans les armées du Grand-Seigneur et des pachas ne contractent jamais que des engagements volontaires, et ils restent sous le commandement de leur prince ou de quelque guerrier de sa famille. Le terme et les conditions de leur engagement sont toujours stipulés d'avance ; et ils emmènent avec eux leur aumônier, oui exerce en toute liberté les fonctions de son ministère suivant le rituel romain. Si la durée de la capitulation militaire est de plusieurs années, les cotes ou seigneurs d'Orocher expédient, après douze mois révolus, d'autres soldats pour relever ceux qui, passé ce temps, ont accompli leur engagement. Il résulte de cette rotation de service que les Mirdites ne sont pas exposés à perdre les habitudes et les mœurs natales à la suite d'une trop longue absence. Aussi, les trouve- t-on toujours unis entre eux, simples et prêts à payer de leur personne, au premier ordre de leur chef.