CHAPITRE XII
MOTORS DBS ALBAHAIS.
Ce que nous avons dit des Albanais indique suffisamment qu'ils ont les qualités et les vices des peuples sauvages ; et il faut reconnaître que les nations avec lesquelles ils se sont trouvés en rapports ne leur ont guère donné l'exemple d'une conduite propre à les améliorer, quelle que fût d'ailleurs la religion qu'elles professaient. Les Grecs du Ras-Empire leur ont appris que la civilisation n'exclut pas la fourbe et l'avidité; les Vénitiens, que le catholicisme n'empêche pas une république marchande de tout sacrifier à l'amour du gain ; les croisés, que les passions violentes ne sont pas étrangères a ceux-là même qui prennent les armes pour un motif religieux ; quant aux musulmans, leur fanatisme guerrier ne pouvait étonner des hommes habitues à mépriser la faiblesse et à se faire une gloire de résister à l'oppression. Forcés de lutter dans des conditions d'infériorité numérique, les Albanais ne rougissent pas d'employer la ruse, non par crainte, mais parce uu'ellc est un moyen de triomphe, et qu'elle seule peut établir la parité des forces. Comme la plupart des races guerrières , l'Albanais a cette générosité native , attribut de ta puis-
PH0VINC8I «4JIUBIENNE8.
Il»
que ée piraterie etdebrigan~ a ta écrivains étrangers ont *1aa Albanais un jugrwncnt déu La esoliista deDenys Pér lit MieéitM de aefairv Il les Mtimiie aoi i, et signale eaux qui «■sur Isa bords du golfe de — vivant de rapines, eaeheiit les ooiaau retour enlevant dîne ides captifs pour
eosuMae avait en vue les Cm* fÊt Zonare surnomme lf casa»
i vueleeCut»
Me
Albanais sortis ta», et qu'il les montre s'em- 5" maritimes de la Mad'Argvro-Polycbné i)et deCastoria, par* * dévastant la Theasalie sans ■■lia part. La même auteur ■ u— usinai dans l'Acarnanie, ■■dnitada fBpatapboroe; c'est allaient ehsNher d'abondant* ipewleura troupeaux; il nous aa auasaerant le prinee Isaae, qurnacnt dans «ne partie de pila mettant à la efaatne et veneaeaa Orées , Tribelles, Napo* Catalans, Français, pour se retrgés de butin dans les montas Candavie ( Dévol). En 146a , rouve dévastant le Péloponèse, arasent la ruine, en y appelant ide Mahomet, auquel ifs refuribut.
itefa, qui probablement les avait èa, ftit des Albanais le portrait
« Ils sont voleurs et loups raenduràs à la peine et aux méndomptés, prompts à toutes , tellement agiles et dispos srent par les montagnes comme
chamois, presque tous pieds
r, dans ses Alaniques, rapporte i peuplades, répandues jusqu'au , excellaient dans l'art de fabri-
i , professaient la reli- Jésus-Cbrist, et parlaient une articulière.
iceurs primitives de ce peuple • subi d'altérations sensibles; transporté dans leurs villes las
instincts et ks habitudes de la vie rude et indépendante des clans montagnard! :
conduite par un homme d'une supério* riorité incontestable, ils seropt capables des plus grandes choses; mais en général ils se montrent intéressés par amourpropre , l'avantage dans une transaction quelconque étant à leurs veux le partage ordinaire du plus habile ou du plus fort. Aussi ne trouve-t-on pas chez les Albanais cette vertu que nous appelons esprit public, parce que l'État n'a pas
de force pour protéger l'individu, ce qui l'habitue a ne compter que sur luimême.
BOUBGADBS ET PHJJLA.. — OUQUC
canton se compose de bourgades indé-
Suidantes, divisées en phara ou bandes;, ne phara représente le développement d'une famille autour de laquelle sont venues se grouper les branches collatérales. Cette organisation par tribus rappelle asaes fidèlement celle des dans de l'Ecosse.
Les villages et bourgades des Albanais sont construits en prévision de la guerre. Chaque habitation est crénelée et munie de meurtrières et à une dis* tance des maisons voisines qui les met hors de la portée du mousquet. Les familles d'une souche commune sont distribuées selon les degrés d'affinité autour d'un mamelon ou sur un plateau escarpé , de manière à ce qu'on puisse se porter secours mutuellement, tout en se tenant en garde contre l'aggression d'un voisin. Une ville est, comme Sparte, une suite de villages composés eux-mêmes de maisons isolées et retranchées, où les habitants se barricadent la nuit, de peur de quelque attaque imprévue.
Des chiens de l'ancienne race molosse , et qui n'appartiennent en propre à personne, rôdent dans la ville, qui semble confiée à leur garde.
Chaque phara a ses puits , ses fours et son marché public. Les femmes ont un lavoir commun, où elles se rendent sans distinction ; et cette simplicité de mœurs rappelle les temps bibliques et les peintures naïves d'Homère. Quant aux hommes , toujours prêts à la lutte, ils ne vont qu'en armes a l'église ou à la mosquée. Cependant la bielle saison amène une espèce de trêve ; et au retour dp hinwtfllfo cbacpn sort tracqcit-
L'UNIVERS
lement pour vaquer aux occupations de la campagne.
La guerre peut éclater entre deux phara ou deux quartiers sans que les autres y prennent part ; un démêlé de cette nature, ne touchant que des intérêts particuliers , a pour l'Albanais le caractère d'un simple duel : mais, si l'offense est commune, la réparation concerne alors toute une bourgade ou même une ville entière , et les hostilités deviennent sérieuses. Ces contestations ont quelquefois lieu pour des limites de pâturages, pour un vol de chèvres ou quelque insulte à une fille du pays.
Messages db gueheb. — Après délibération des chefs de famille, lorsque la guerre contre une bourgade est résolue, on lui envoie ordinairement une missive menaçante dont les quatre coins sont brûlés, ce qui indique qu'on mettra le feu aux propriétés. Quelquefois on coupe les cheveux à quelque passant appartenant à la tribu ennemie , et on le lui renvoie dans cet état pour annoncer qu* on traitera les hommes d'une manière semblable.
Les hostilités commencent d'ordinaire par des détournements de bestiaux ; puis, lorsqu'on est arrivé sur le territoire de l'ennemi, quelque guerrier lui adresse des injures à la manière des héros d'Homère, et en donnant aux paroles l'expression d'un chant provocateur. Là , comme ailleurs, quand les raisons sont épuisées, on en vient aux actes; et les
CIATION8. » Les négociation* ordinairement par le ministère mes. Des Albanaises appartenu milles les plus considérées s'a sans courir le moindre danger,'< partis ennemis, et il n'y a pas d que ces matrones respectables exposées à une insulte. Elles ne sent pas directement aux chefs ; communications sont proscrites moeurs; c'est dans les harems en des femmes, dont l'influence p occulte n'en est souvent pa puissante, qu'elles viennent tr la paix ; et il n'est pas rare de v< négociations réussir.
Cependant , surtout chez les à musulmans, la femme est moic dérée pour elle-même que parce jure qui lui serait faite retombe sa famille et sur son époux. Co Orient, elle semble nées pour et son dévouement ne doit pa reculer devant le crime. Quelqu l'instant où une alliance vient procher deux familles ennen nouvelle épouse, pour obéir à s empoisonne le mari qu'il lui a Ces actes atroces entraînent de sailles qui n'ont de terme que tion des familles. Le musulmai à se défaire d'un ennemi ne se plus un scrupule d'en charger sa que son esclave.