CHAPITRE XV
Aiixis. — Dans des familles la mort est un profond sujet n, surtout lorsqu elle frappe un»
îeommeneement de sa carrière.
A peine le patient a-t-il les femmes poussent des cris terril qu'on pourrait comparer au hurlement des loups, s'ils n'étaient mêlés de notes hautes et perçantes. Les femmes amies de la famille du défunt se précipitent alors ters la maison mortuaire arec des lamentations bruyantes, et toutes eea voix forment un chœur lugubre.
Les soeurs, les belles-soeurs, les filles delà grandes et la femme du mort, si celle-ci est encore jeune, s'arrachent les cheveux, se déchirent le visage, ae roulent à terre, et s'épuisent tellement à crier qu'elles perdent la voix et le sentiment, et qu'elles ont des accès d'aliénation mentale. Les nièces et les cousines du défunt laissent tomber leur chevelure, en coupent quelques boucles, et se ceignent la tête d'un mouchoir noir qu'elles portent plusieurs mois. Quant à In veuve, elle ne quitte plus cette coiffure de deuil. Cependant, si elle est encore dans la première jeunesse, et qu'elle veuille retourner dans la famille de son père, elle s'abstient de ces démonstrations de désespoir.
Toutefois, lorsqu'elle se remarie, elle porte le mouchoir de deuil avec sa parure de noce.
Les hommes ont une douleur plus calme ; et s'ils ne peuvent retenir leurs larmes, ils s'abstiennent du moins de sangloter. Ils reçoivent les visites de condoléance devant la porte de la maison mortuaire et debout dans la cour.
En général, on s'aborde en se souhaitant une bonne santé et en se mettant l'un à l'autre la main sur l'épaule droite. Alors les visiteurs entrent dans la maison , et font le même compliment de condoléance aux femmes.
Le mort est déshabillé, et enveloppé dans une pièce d'étoffe; on place ses habits sur lui ; mais on les reprend avant de l'ensevelir. Les Turcs lavent seuls le cadavre. Les femmes l'entourent, et alors commence la véritable lamentation , à laquelle prennent part non-seulement les parentes, mais les voisines du défunt, et qui a un caractère entièrement distinct de la scène bruyante que nous venons de décrire. Cette lamentation est une sorte de récitatif, composé d'un distique, chanté par une seule voix, et répété en chœur par toutes
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les femmes. Os plaintes lugubres sont réglées par l'usage, et se rapportent à la vie du défunt ; cependant il arrive que la personne qui les prononce cède à l'inspiration de sa propre douleur et improvise un chant nouveau.
La sépulture a lieu ordinairement le jour du décès; mais celui qui meurt dans l'après-midi n'est enterré que le lendemain. Quand tout est prêt pour la cérémonie, le cortège se met en marche au son des cloches du village.
Le prêtre marche en tête; puis les hommes, qui précèdent le cercueil avec quatre porteurs, ensuite les femmes , et enfin celles qui chantent les lamenta* tions, escortées par d'autres qui veillent h ce qu'elles ne se laissent pas entraîner à un excès de douleur et de zèle. Les hommes accompagnent le corps dans l'église, devant laquelle les femmes s'arrêtent en continuant leurs lamentations. C'est dans l'église que les hommes donnent au mort le baiser d'adieu , ce que les femmes ne font qu'à la sortie du corps, qui est déposé dans la terre et recouvert d'une dalle. Enfin on jette sur lui les dernières pelletées de sable. Ce moment est réellement déchirant. Les femmes ne veulent point se séparer du cadavre; il faut lutter contre leur désespoir pour les empêcher de se précipiter dans la fosse. A peine la tombe estelle couverte qu'il se fait tout à coup un grand silence. On distribue du
deuil eat même nul si le défat passé les limites ordinaires de Dans ce cas. on se contente quelques moutons, pour obteni le pardon de ses péchés ; et on le après les funérailles, en buvant de l'âme du mort, et en accom ces vœux de chants funèbres honneur.
Comme il arrive presque touj les hommes meurent à l'etrangei cède aux funérailles comme si I avait fini ses jours dans ses fo cérémonie est la même, avec ce différence que le cercueil est a que le corps est représenté pa teau emblématique qui est remi; tre après le service. Les femme tent alors les lamentations sur du plus jeune parent du défunt les renouvellent le troisième joi
Selon le rite de l' Église gre corps ne reste que trois jours terre. On l'enlève au bout de et les os sont soigneusement net lavés avec du vin; après que réunit dans un sac; et, lorsque les a bénits, on les dépose dam destiné à cet usage ou dans un <