CHAPITRE XIV
Nous allons compléter ces données sur les moeurs des Albanais par quelques détails que nous traduisons, en les abrégeant, de l'ouvrage savant et consciencieux de M. George de Hahn, consul d'Autriche à Syra.
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domabiam. —ï«e père marie am fila
L'UNIVERS
en vertu de sa seulevolonté, et sans les consulter sur le choix qu'il a fait; et celte coutume rappelle les mariages primitifs.
Rarement un garçon atteint sa onzième année sans qu'il ait été fiancé ; en général à quatorze ans il est époux. Les filles sont presque toujours mariées dans leur douzième année. Dans certains cantons, la race n'en est pas moins vigoureuse , et offre même des proportions athlétiques.
Les fiançailles se font pour ainsi dire dès le cerceau ; un fils unique atteint rarement l'âge de trois ans sans avoir été fiancé; car l'on croit que le ciel est favorable à ceux qui ont contracté cet engagement, et que leur existence est moins exposée. La demande se fait toujours par les père et mère, ou, s'ils étaient morts par le plus proche parent du garçon. Lorsque la demande est agréée par la famille de la fille, on échange un objet, comme garantie du contrat : c'est ordinairement une ancienne pièce de monnaie d'or ou d'argent qui n'a plus cours, soit grecque, soit romaine, soit byzantine , et dont il se trouve un grand nombre dans le pays. On en trouve également d'italiennes et du moyen âge : toutes sont percées, parce aue les femmes les portent enfilées dans leurs cheveux, et les enfants à leurs bonnets. Les monnaies échangées à cet effet ne doivent pas être frappées à la même empreinte. Cet acte représente la consommation de rengagement;
sur on monceau de grains d ce qui présage au jeune couj heureuse, et aux deux fami cord durable. La formule < nonce en arrangeant le* a gnifie : pain savoureux et commun; ensuite les envoyé un repas, et à leur retour da son du futur on les reçoit chants. La fille n'apporte po et ne conserve pas même les qui lui servaient dans sa fa est achetée par l'époux, qui un trousseau et la robe de 1 un fez brodé d'or et une so gent, qui ne dépasse pas ces C'est le prix du marché , et k explique dans les mœurs alb négalité entre les deux sexes le pouvoir tyrannique de Plu soumission aveugle de la fera Le lundi qui précède la i gardé comme ouvrant cette On l'appelle le lundi de mie lundi qu'on porte au moul nécessaire, cérémonie qui e pagnée de chants et de mousqueterie. Quand une h a été porté au moulin, la mo quelque grand malheur peu' rérer la cérémonie. Le jeudi du bois, ainsi appelé parce q donne à toutes les familles commission d'en apporter. J les femmes se rendent en cha la forêt . tenant à la main un
P&OTOfCBS DANUBIENNES.
i le barbouiller avec la pâte, nerplexité le plue d'argent <MiM se défcd d'abord, m prêter un peu à ee que > de hri . Quant à l'argent, fl ifteoee. Cet préparatifs ae m me daoae. Le ? endredi le repoa. Le samedi, les pair ae mettent en quêta, et miter *i*fmt on agneau, te mangent toute la naît » eee préparatifs bruyante Inde dn futur, tout est Mfltt dana la maison de la
des
ont invitées; chacune est ar deux on trois membres; t dans on fort village, le oufléa n'est guère inférieur n contribue à ces frais selon •rente et en raison de sa nia dix paras jusqu'à dix iporteen outre quelque pâesnnrde de rin. Ceux des sauraient pas donné un lie sont tenus de payer de
Kxée, le cortège sort de la tur pour se rendre chez la être en tête, le marié enmmea de la famille de la oujoura à cheval , n'eût-il pua à faire. Les femmes, iront être jeunes , ferment îles conduisent par la bride shement harnaché ou un lé à la mariée.
te met en marche au bruit ni s'adressent à la fiancée s on l'exhorte à ne pas se i belle-mère reçoit le futur ; celui-ci lui baise la main, vase d'eau pure , y plonge lont elle asperge le jeune 'elle lui remet ensuite. Le
l'argent dans le vase , et tache un mouchoir de pour répaule droite, eçoit aussi un mouchoir ; vlam est un ami du futur,
est uni par le lien de la (en grec moderne tôeXyoien cet formé à l'église;
tandis que le prêtre prononce une prière, l'un des amie boit quelguea gouttes du sang de l'autre. Cette cérémonie se termine par un repas. Ce lien, du moine autrefois, était considéré comme sacré.
Souvent le vlam n'est choisi que pour la noce, avant laquelle a lieu la cérémonie que noua venons de décrire. Dana celle du mariage , il est chargé de foire lea honneurs à la place du futur, et de remercier lorsqu'on boit à la santé de ce dernier ; car. dans les coutumes albanaises , il est obligatoire que non-seulement la mariée, mais encore le promis, se montrent des modèles de retenue et de tempérance.
Les hommes se rendent dans une pièce où un repas leur est servi. Dans toute la longueur de la salle on étale sur le plancher une nappe d'environ un pied et demi de large, sur laquelle on sert les mets. Les convives s'établissent des deux edtés lea jambes croisées. Pendant le repas on porte souvent des toasts à la mariée; les parents répondent à ces vœux pour le bonheur présent et futur de la jeune fille par la formule : Un pain savoureux, et non séparé.
Les femmes se rendent dans la chambre où se trouve la fiancée, qui doit baiser la main de chaque personne à l'instant où elle entre. Derrière elle se tient la dame d'atours , chargée de sa toilette. Une heure après le vlam se présente chez elle pour lui mettre la ceinture et la chausser; il lui donne un baiser sur la bouche, et celle-ci lui baise la main ; alors il lui attache la ceinture , et lui met des souliers dans lesquels il a glissé du riz et de l'argent; puis il retourne vers les hommes, et leur vante la beauté de la fiancée.
Quand tout est prêt pour le dénouement, le vlam dérobe deux cuillers destinées à ce larcin convenu. Les hommes de la société de l'époux doivent aussi voler quelque objet, comme une tasse, un verre, qu'ils restituent plus tard.
Lorsque la jeune fille a baisé la main à son père, à sa mère et à ses autres parents , on la fait monter à cheval , non sans quelque résistance de sa part. Une fois en selle et entourée de ses parents, elle s'incline par trois fois à droite et a gauche devant la maison paternelle,, pour témoigner que cette séparation ne
LTJNIVERS.
l'empêchera pas de continuer à les aimer et à vénérer sa famille.
Alors elle suit le cortège du futur, couverte d'un voile rouge et saluant tout le monde sur le chemin. Ses parents ne raccompagnent que pendant la moitié de la route; là ils la remettent à l'escorte de l'époux , et reviennent sur leurs pas. Toutes les auberges devant lesquelles passe le cortège offrent du vin et font des vœux pour le bonheur des époux; ceux qui s'abstiendraient de donner des preuves d'intérêt témoigneraient par là qu'ils sont ennemis du futur.
Quand le cortège est arrivé devant la maison de l'époux , la mère de celui-ci jette d'abord sur le couple , puis sur toutes les personnes dont se compose la suite , des poignées de riz , ce qui pronostique l'abondance et la richesse. Le fiance descend de cheval ; le père ou quelque parent aide la mariée à en faire autant. Alors on fait passer sous le ventre du cheval , comme pour le sangler, un enfant dont le père et la mère vivent encore.
Les fiancés doivent faire attention de ne point heurter du pied le seuil de l'appartement et surtout celui de la chambre où sont déposées les couronnes de mariage , et dry entrer du pied droit.
Près de l'entrée , on tient un cerceau par lequel ils doivent passer en rampant et en se tenant par In moin ; et qui
revient le soin de payer 1 bénit le mariage, et on h place d'honneur.
Après la bénédiction, on ble. Pendant le repas , la m; debout dans un coin de la si croisés sur sa poitrine, et da du recueillement. Le marié lence, et ne répond méra toasts qu'on lui porte, le chargé de le faire à sa placi reste de la journée, ou mang et l'on danse.
C'est le marié qui ouvre 1 hommes le suivent et formel en se donnant la main ; toi se précipite du côté de la î danse au milieu des femm par la main et danse avec que l'on répète ce chant :
a enlevé une colombe, que t de cette colombe? s'ébat avec elle tout le reste de si
Vers le soir, les conviés après avoir fait un présent la mariée, qui leur baise la n passe la nuit avec les fen fiancé va dormir au milieu paguons.
Le dimanche matin le vlai dre les mariés et leur faire r nativement par trois fois d; ceau de pain où l'on a couche de miel ; la jeune fi à peine , mais le futur y m retenue. Toutes oes ce rem o
raa?mC8Él ifcuftJfciENNES.
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hmimhi, la lame ftnnnc est ktÉfùnflto.
g* Jmt, la mariée se 1ère de lira, pour laver le linge; c'ait M MnpatkNâ de ménagé dans I daMsommaox parents. Ce»
» al jpruniiêrc année de son mai farCfaigne lea ouvrages pénii porte un ftt f ofrpendeut des fe an or, qui proviennent des ■/elle a mens et de sa parure •M front est ceint d'un mou* stlft échange, lorsqu'elle est cn- Mttvune eoiftire pins simple, a place I intérêts la somme ittrede son f es, car cette vappavUcnt en propre. Elle doit taon époux comme son mettre et ea effet il peut, pour la m fiante, la répudier, sans avoir > de cette détermination i doit aussi témoigner à -nèrt une déférence et un rcs* bornes; car tant que son mari la pouvoir paternel s'étend si m beau-père est en droit de an bru, malgré l'époux, ou, mtent d'elle, de forcer son fils 1er. Cette dépendance lui fait r d'attention dans tout ce qui ? agréable à son beau-père et à mère; elle assiste à leur couac se retire que lorsqu'elle en i permission formelle. Durant ère année de son mariage et e qu'elle soit mère , elle n*osearetenir familièrement avec son présence d'étrangers, et même * chefs de sa nouvelle famille :
ae permettrait pas d'appeler s par son nom ni de le prottt-il Question d'une autre pernii rappellerait comme lui.
te première période, il est d'udle se montre empressée nonit avec ceux qui l'entourent , e tout le monde; et lorsqu'elle 6 quelqu'un, fût-ce un inconnu, que soient son âge et sa condie est tenue de le saluer en lui a main.
•e a droit au respect des siens x dernières limites de la vieil-
lesse, et H éqnscrvc majeurs Isa thérogatirttt du chef de msMlle. Cette déférence éootraste avec les mœurs des Grecs modernes et des tribus guerrières de l'Albanie . où le grand âge est un objet de mépris et d'Insultes. Cette extension du pouvoir paternel exerce une grande influence sur tous les liens de la parenté en général. Le bien du père et des flkrest en commun, tous travaillent pour la maison , en quelque lieu qu'ils se trouvent et quelle que soit la profession qu'ils exercent. La disproportion des oins, le bonheur ou la non-réussite n'altèrent en rien la corn* munauté. Après la mort du père, les frères continuent de vivre ensemble, et le bien ne se partage que lorsque la sœur a des enfants. Ce qui donne lieu à cette coutume c'est sans doute que les fils sont presque toujours en paya étrangers, de sorte qu'us ne ravies* nent dans la maison paternelle que pour y mire une courte apparition et è*j remplacer alternativement.
Les femmes ont le soin du ménage, celui des champs et des vignes, ou du moins l'inspection de ces travaux. Les liens entre beaux-frères et belles-sœurs ont une grande force. Le frère, à son retour dans ses foyers, témoigne plus d'égards à la femme de son frère atné qu'à la sienne , et il est rare qu'il apporte à celle-ci un présent de quelque valeur. Dans les maisons bien tenues , il est d'usage que l'homme qui revient de l'étranger fasse un cadeau à peu près semblable à toutes les parentes qu'il retrouve à la maison.
U y a une chanson albanaise qui a pour sujet le désespoir d'une femme dont le beau-frère , chef de la famille, vient de mourir. Ne pouvant lui survivre, elle se précipite du haut d'un rocher. Le fait est véritable; il est arrivé au commencement de ce siècle.
11 est contraire aux bienséances qu'un mari ait des attentions pour sa femme en présence de témoins, et qu'il se permette quelques libertés avec elle.
Loin de là, il affecte un ton plus dur et plus impérieux avec sa compagne qu'avec la dernière de ses domestiques; et la plupart des épouses attribueraient à un manque d'égards un traitement qui indiquerait rattachementou la tendresse.
L'UNIVERS
Une femme grosse s'abstient de manger des grenades el des limaçons ; elle ne doit pas se teindre les cheveux, à moins qu elle ne le fesse par trois fois. Immédiatement après l'accouchement, on envoie au prêtre un vase d'eau pure pour qu'il la bénisse. Les personnes qui font l'office de sage-femme se lavent avec cette eau, de même que toutes celles qui étaient présentes lorsque l'enfant est venu au monde. Le reste de l'eau bénite est placé près de l'accouchée, et chaque visiteur, durant les premiers jours , y plonge les doigts , et en asperge l'accouchée et l'enfant, en souhaitant à la mère un lait abondant et riche.
Avant d'emmailloter l'enfant , on lui applique sur le corps une faucille avec laquelle on vient de couper de la paille, ce qui est regardé comme un préservatif contre les tranchées. C'est la mère de l'accouchée qui e m mai Hotte l'enfant. On fait part aussitôt de l'accouchement aux parents, qui s'empressent de visiter la mère et lui apportent les aliments
^ui conviennent le mieux à son état, «s femmes croient que le troisième jour après la délivrance trois femmes invisibles tiennent conseil au chevet de l'enfant et décident de ses destinées. Les Albanais appellent ces fées Fautes ( <p aw, fatum ) ; de là vient l'expression : tes Fatites Cont ainsi écrit. Le troisième soir qui suit la naissance s'appelle \epoganik. M. de Hahn, dont nous suivons dans ce chnm-
rindication des mœurs voyag< hommes et celle du rôle a des femmes. Avant de se retii cun prend un morceau de { l'on vient de préparer et qui s placé au-dessus au berceau du son. Les assistants ont l'hab:
jeter dans la pâte quelques piè gent.
L'enfant est baptisé au bout ou trois semaines. Le premic a pour parrain celui qui a bén riage; quant aux autres en) conserve ce privilège; mais il céder à une tierce personne. O:
ment il donne à l'enfant le non aïeul s'il est décédé, ou cel grand'mère si c'est une fille, cas où ces vieillards vivraient, est à son choix. 11 tient ce no jusqu'à l'instant où il le dit au Alors les enfants s'empressen porter cette nouvelle à l'aci C'est le noun ou parrain qui prêtre, et il fait à l'enfant quelc sents. Après la cérémonie, les donnent un repas où l'on prés ronde un verre plein de vin, quel les convives jettent des p monnaie. Ces offrandes desl l'enfant sont cousues à son
Dans les quarante premier] l'accouchée et son nourrisson m pas quitter la maison, dans la des maléfices. On y entretient i sèment le feu dont on ne d* la moindre
PEOVDKXS DANUBIENNES.
Ast un des reproches les plot Ai pniSM Un à une femme.
lifrqae des filles ne pane pu
Eêtre heureusement par»
■'lit pu, comme en nper de leur dot. Lee te plus enviées sont celles où
ent on serre les enfants i de Isnr deuxième année. On m dn fin, même pendant Tal- , mrles fortifier. Cette eoosn» «Ile des anciens Grecs , Isntpn
substantielle. Les enft élevés durement; ils vont tbtétedéeouvertejusqu'acinq ,ct ce n'est que pins tard qu'ils s de pantalons. Entre huit et et dès qu'on Ta fiancé, pour r de se marier dans l'étranprçon quitte la maison avee et reste absent trois on quatre l est fréquent de voir les pères entre eux leurs fils pendant ■ temps jour les habituer è
met pour les parents est porté nnt que le fils ne s'assied point du père en présence d'un étranvil ne prend la parole que lorsterroge. Le père a le droit de de deshériter le fils dont il auplaindre.
île que le séjour à l'étranger que plus Tif pour l'Albanais lu sol natal. Dans beaucoup
s, et même dans des districts il est sans exemple qu'un lu pays se soit marié dans rée étrangère , ou qu'il V ait § sa famille. Celui qui fe feit regardé eomme un banni , rait la haine générale. Ordit, les fils prennent le métier du us les exceptions deviennent