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CHAPITRE XXI

DBOIT ET FORMALITÉS DE GUBME.

Ce que nous avons dit dans les chapitres précédents sur l'origine et le dévelop pement de la tribu montre que les Albanais reconnaissent un droit de la guerre ; et il serait d'un haut intérêt d'en étudier les dispositions. Les Clémenti et les Schkriéli sont continuellement en guerre avec leurs voisins turcs de Podgotitza et de Gutsinié ; et leur animosité n'admet presque jamais de trêve. Les Clémenti en viennent souvent à des hostilités avec le district slave de Kutschi, tandis que les montagnards de race albanaise ne s'attaquent que dans des cas exceptionnels. Les luttes entre ces derniers se prolongent rarement, parce qu'à la première escarmouche on déclare une bersa (trêve) qui permet toutefois de recommencer le combat aussi longtemps que le différend n'est par vidé.

Un ancien usage prescrit de déclarer toute guerre. On charge ordinairement de ce soin quelques guerriers, qui accompagnent cette déclaration d'une décharge de mousqueterie. Quelquefois les hostilités sont signifiées par des femmes, parce qu'on les épargne toujours dans le combat.

Quand les pâtres de ces différentes tribus conduisent au printemps leurs troupeaux dans les montagnes, ils s'informent entre eux s'il y aura trêve pour l'été; si quelqu'un a à se plaindre au sujet de choses qui se seraient passées pendant l'hiver, on se réunit a un endroit convenu pour aplanir le différend, et, selon l'issue des négociations , on reste en paix ou l'on se déclare la guerre.

Tant que durent les hostilités , le meurtre, le vol et les violences de toute sorte ne donnent lieu à aucune poursuite en dédommagement, et la vengeance du sang ne s'exerce point à la suite des morts et des blessures reçues dans le combat

Dans les contestations sur les limites, il arrive que l'un des partis plante un yatagan dans la terre, et défie le parti adverse de le chasser du terrain en litige. Si le parti provoqué a l'avantage et s'empare du yatagan , il devient propriétaire de la pièce de terre.

Quand on ouvre des négociations de paix, les femmes sont ordinairement

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chargées du message , qui offre ainsi toutes les garanties désirables.

Les troupes se placent hors de la portée des balles, et choisissent un certain nombre de plénipotentiaires qui s'avancent au milieu des deux armées pour délibérer. Leurs décisions sont soumises aux troupes. Le rôle subordonné des femmes albanaises leur impose dans le combat, où elles accompagnent toujours leurs maris, des devoirs moins pacifiques; ce sont elles qui enlèvent les morts et les blessés, qui dépouillent les ennemis tombés et leur coupent la tête; quelquefois elles leur lancent des pierres du haut des montagnes. Les Monténégrins mettent des femmes au premier rang , et tirent derrière ce rempart , ce qui les expose aux railleries des Albanais, bien que ces derniers ne négligent pas le même moyen pour sortir d'une position critique. Les femmes slaves ont la croyance superstitieuse qu'en jetant des pierres contre l'ennemi elles assurent la victoire aux leurs. lies Albanaises des districts voisins leur ont emprunté ce préjugé; mais, lorsqu'elles assument ce rôle actif, elles peuvent s'attendre à ne pas être épargnées.

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