ALPHABET
L’alphabet des Albanais paraît remonter a une haute antiquité; les lignes élémentaires dont se composent les caractères et leurs combinaisons entre elles offrent de grands rapports avec l’alphabet phénicien et ceux des langues qui en dérivent. La multiplicité des consonnes sans autre point a’appui pour la voix qu'une voyelle rend difficile pour un étranger la pronunciationde la langue sehkype. dette particularité se rencontre dans les divers idiomes slaves ; mais elle est surtout dominante dans les dialectes de l’Albanie.
Les signes composés sont au nombre de quinze, qui, ajoutés aux sons et articulations simples, dont on compte trente-sept, donnent en tout cinquante
ilcui lettres. Parmi les sons et articulations simples, on distingue huit voyelles et vingt-neuf consonnes. Cette origine phénicienne, que M. de Hntina démontrée avec autant d'érudition que de sagacité, reçoit un caractère encore plus frappant du mythe historique de Cadmus, le premier fondateur connu d'une colonie îllyrienne.
Les deux dialectes principaux do l'albanais sont le guègue, qu’on parle dans la liaule et la moyenne Albanie, et le toske, qui est plus en usage dans le sud. Les Toskes, voisins des Grecs, écrivent leur langue avec les caractères de ces derniers, dont presque tous comprennent le langage; les Albanais d'Elbassan se servent de l'alphabet national. La traduction de l'Ancien et du Nouveau Testament, faite en albanais par un professeur grec nommé Théodore, et des études intéressantes sur les dialectes du pays ont été malheureusemeut brûlées par les parents de ce savant, qui était en même temps prédicateur. Il parait qu'à la suite d’une peste on a détruit tous ses papiers dans la crainte qu’ils ne fussent infectés de la contagion.
Les Grecs affectent de ne point parler l’albanais, qu'ils regardent comme une langue barbare. Quant aux Slaves , ils imposent leurs idiomes partout où ils s'établissent. Les Toskes et les Chamides comprennent difficilement les Mirdites et les Malsores ; mais ces derniers entendent généralement le dialecte des
Sirotes. Ce sont les Chamides qui ont mis le plus grand nombre de mots grecs, tandis que les Toskes forment avec les Albanais qui habitent entre Rérat et F.lbassan le passage du dialecte de la haute Albanie à celui de la Toskerie. I.es Guègues se font comprendre dans la moyenne Albanie, et réciproquement , quoique certaines expressions soient propres àcette province. Les Mirdites et les Chamides prétendent les uns et les autres que leur dialecte est le plus pur; mais il est probable que les premiers, à cause de l'isolement où ils se sont maintenus, ont conservé avec moins d’altérations la langue primitive.
Si l’on admet que le skype a pour base Cancieii illyrien, il sera aisé de comprendre comment les rapports fréquents
des provinces dont se composait l’illvrie avec les Grecs, les Romains, les Gaulois, les Goths, les Francs, les Hongrois, les Slaves et les Turcs oui introduit des mots étrangers que depuis a consacrés l'usage (1). Une raison non moins puissante et qui a dû contribuer à modilier le langage, ce sont les migrations fréquentes non-seulement de fugitifs isolés, mais de familles et même de tribus entières qui sont venues successivement chercher un refuge dans ces montagnes inaccessibles. Quant aux dictons et aux sentences proverbiales dont l'usage est fréquent dans la conversation des Albanais, quelques-uns leur sont communs avec tous les peuples ; ce sont ceux qui ressortent si naturellement de la condition sociale qu’on les a regardés comme l’héritage de la sagesse des nations.
Parmi ces derniers un grand nombre ont saDS doute été transportés de l’étranger par les Albanais voyageurs ; et leurs compatriotes les ont recueillis avec le même soin que leurs femmes mettent à orner leurs ajustements de médailles et de moenaiesempruntees aux sociétés et aux époques diverses. Il est d'autres proverbes qui s’annoncent comme indigènes, parce qu’ils expriment plus particulièrement les moeurs du pavs. Nous choisirons dans la Iraductiou allemande de M. de tiahn quelques-uns de ceux dont la signification nous a paru la plus frappante.
i. La chair nt ptul.se séparer lie T ongle. c'est-à-dire que le* liens du sang sont inaltérables.
a. Celui qui cherche trouvera partout.