DEVELOPPEMENT DE LA PUISSANCE DES POLONAIS ET UES RUSSES
Le règne de Boleslas le Brave marque le commencement de la puissance des Polonais, et cependant un acte de dépendance signale cette ère de brillants succès ; le héros reçoit la couronne royale des mains d'OilionllI. Il réunit plusieurs provinces sous son sceptre, et remporta sur les Russes de grandes victoires. La destruction de l’opulente K ief et le comhat où il défit Varoslaf près du Boug, ue les Russes appelaient , depuis leur ésastre, le fleuve Noir, sont les traits les plus saillants de ce règne.
Le développement de la puissance des Russes présente un caractère moins brillant et plus heurté. A mesure que l’influence des Variègues se fond dans 1 elément slave . le pouvoir semble avoir uue marche moins sûre et moins précise; le Russe ne s’assimile qu'incotnplétement; il lui faut un guide ou plutôt un maître. L'étendue du territoire, les luttes des princes apaoagés , les ravages des Petclienègues et autres barbares fractionnent et paralysent ses efforts en les réduisant à des questions d'intérêt local ou privé-
Parmi leurs incursions les plus célèbres, la tradition rapporte celle d’Oleg, qui porte l’empreinte de l’esprit aventureux des Normands. Ne voyant plus autour de lui d’ennemis à vaincre , il forma le projet d'aller rançonner l’empire. Bientôt le Dniepr est couvert de ses barques ; il triomphe des obstacles que lui opposent les cataractes de ce fleuve , et parvient avec des forces imposantes jusque sous les murs de Constantinople. Léon s’empressa d'acheter la paix par un traité qu’il jura sur l’Évangile, et Oleg par les dieux Péroun et Volosse. Content de cet avantage, le successeur de Ruric se retira; mais avant de s’éloigner il cloua son bouclier sur ta porte de la ville impériale.
Au régne glorieux d’Oleg succéda celui d’Igor, que remplirent des guerres avec les Petchcnègues, peuples de même origine que les Turcomans et qui envahirent les provinces danubiennes. Igor,
à l’exemple de son tuteur, lit une expédition contre Constantinople; mais le feu grégeois détruisit une partie de sa flotte , et les Russes se retirèrent avec dos pertes énormes. Sans se laisser décourager par ce revers , Igor hâta les préparatifs d’une seconde tentative. Il se trouvait déjà aux embouchures du Danube lorsque l'empereur lui fit proposer la paix , s’engageant à lui payer le même tribut que recevait 01 ce. Ces conditions furent acceptées et réglées l’aunée suivante par un traité. Cependant le repos pesait aux Xariègues; ils sejetèrem sur les Drevlicns, qui habitaient les foréis de la Volhynie. Ceux-ci trouvèrent le joug russe "si pesant qu’ils se révoltèrent, et massacrèrent Igor et ses coin gnons. Olga, femme d'Igor, vengea sa mort, et reçut le baptême à Constantinople : son "fils Sviétoslaf refusa d’abjurer le culte des anciens Slaves. Ce prince se signala par de nombreuses victoires sur les Khazares, les Viatitches , les Ossiens , Alains d’origine , et les Kassogties ou Tcherkesses. Nicéphore Phoeas lui envoya de riches présents pour l’engager à" marcher contre les Bulgares, qui inquiétaient t’empire I * prince russe saisit avec empressement l’occasion de faire de nouvelles conquêtes , et s'avança sur le Danube à la tête de soixante mille liommes. Le roi des Bulgares ne put résister à des forces si considérables , et les Russes s'emparèrent de l'ancienne Mœsie. Ces expéditions expliquent les désignations slaves si frequentes dans la géographie des provinces danubiennes.
Sviétoslaf avait formé le projet de transporter sa capitale dans le sud , lorsqu’il apprend que les Pctchénègues menacent Kief. Il retourne sur ses pas eu toute bâte , dissipe l’ennemi par la seule terreur de son nom, et revient dans la Bulgarie. Les Grecs, alarmés de ce voisinage . taillent son armée en pièces et poursuivent les Russes jusqu’à Dorostol, aujourd’hui Silistrie. Sviétoslaf se retirait sur Kief lorsque les Petchénègues , avertis secrètement par les Grecs de la faiblesse de son armée , tombent sur les Russes, qui se font tuer avec leur chef.
Vladimir, son fils, entreprit aussi une expédition contre les Bulgares du Volga et de la Kama; mais ce prince lascif et
cruel est surtout célèbre pour aroir adopté la religion grecque.