‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 51 sur 300 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

I.’origine de l'Illyrie se perd dans la nuit des temps mythologiques. On rapporte que Cadmus, fils d'Agénor, vint s'établir au lieu appelé Hagusa / ecchia dans le canton moderne de Breno, et y fonda Epidaure. On fait venir d’Illyrius, fils de Cadmus, la dénomination du pays dont l'étendue, dans ces temps obscurs, devait se borner aux conquêtes des deux héros. Les 1 1 ly riens n’apparaissent sur la scène historique que vers l’époque des premiers rois de Macédoine. Hérodote parle vaguement du pays qu’ils habitaient, elle place près des sources de l’Angros. « Cette rivière, dit-il, qui * sort de l'Illyrie, se joint au Brongos, c pour se jeter avec lui dans Pister. » Scylax se borne à indiquer les côtes de l’Illyrie depuis le Ténare jusqu'à l'Acrocéraune. Pline n’est guère plus explicite . et se contente d'énumérer les peuplades illyriennes, sans en préciser l'étendue ni l'importance. Ptolémée trace

le cadre topographique de l’Illyrie qu’il place entre l’Istrie et les confins de la

Macédoine, en déterminant la partie intérieure jusqu a la Mœsie supérieure et la Pannonie. Mais, comme les limites de la Macédoine , de la Mœsie supérieure et de la Pannonie à cette époque ne sont fixées par aucunes données certaines , la question géographique reste dans le domaine des probabilités et des hypothèses. On peut en dire autant de P. Mêla, dont le périple commence à Oricum ( aujourd'hui Val d'Orco) et finit à Tergeste ( Trieste ) (I). Priscien est également sobre de détails ; et l'on peut en dire autant du cosmographe Festus Avianus.

Slrabon,bieu que sa topographie de l’Il- Jyrie soit incomplète, peut souveut suppléer aux omissions de ces auteurs. Ap-

pien d’Alexandrie étend le territoire illyrien au déla des limites de la Macédoine et de la Thrace, de sorte que toute la rive droite du bas Danube s’y trouve comprise. Il tire une ligne depuis les plaines de la «Chaonie jusqu’à ce fleuve. « Les Romains , dit-il, donnent à cette province une longueur de six mille stades sur une largeur de douze cents (environ 220 lieues sur 40). » Les limites de l’Illyrie varièrent encore selon les convenances administratives, lorsque cette province dépendit du Bas-Empire.

Après cet exposé sommaire de la géographie de l’Illyrie, nous nous proposons d’exposer succinctement l'ethnographie héroïque de cette province; son état depuis la conquête parles Romains, puis au temps de l’empire grec; l’étendue de sa juridiction, de ses thèmes et de se? éparohies ecclésiastiques; ses divisions politiques en royaume, bannats ou principautés et zupanies, depuis sa séparation de l'empire d’Orient, jusqu'à son démembrement par les Vénitiens et les Turcs. Enfiu, nous terminerons cet aperçu par le tableau de son état actuel.

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