‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 57 sur 300 · COLON IBS ÉTRANGÈRES. SICILIENS · texte numérisé non relu

COLON IBS ÉTRANGÈRES. SICILIENS

— Les llly riens, qui commençaient alors àse livrer à-ln navigation, firent alliance avec Denys l’Ancien , vainqueur des Carthaginois; et ils lui cédèrent l’Ild de

Lissa, dont la possession lui assurait une importante position maritime.

pariens. —Bientôt après, unecolonie, sortie de Paros par ordre de l’oracle , demanda un établissement a Denys qui lui fit concéder file qu’on appela d’abord de leur nom Paros ou Pliaros , et dont l’appellation moderne est Lésina. Quelques années plus tard, les Pariens fondèrent Epetium , à peu de distance, de Spalatro, vers l’embouchure de la Czernovnitza.

Lorsque Denys fut obligé de retourner en Sicile où une révolte avait éclaté, les Pariens succédèrent aux vainqueurs, qui leur abandonnèrent leurs possessions, et ils se mêlèrent aux Illyriens et aux Celtes, sans toutefois adopter leurs mœurs ni leur langage.

ROYAUME d’AGRON. — NOUS lisons dans Polybe que la monarchie illy vienne s’éleva, sous ce prince, à un haut degré de prospérité. Sa domination s’étendait depuis les frontières de l’Épire jusqu’à la Carinthie, aux Alpes et à la mer. Cet espace, dans lequel se trouvaient comprises l’Istrie et une grande partie de la Liburnie, embrassait l’illyrieproprement dite, et s’étendait au couchant jusqu’au Tilius, au levant jusqu'aux plaines situées entre le Drilon ou Driu et l’Acrocéraune. A cette époque, l'Illyrieétait séparée de la Pannonie par les Alpes Juliennes; à l’orient le mont Scodrus formait sa limite du côté de la Dardauie ; enfin, sa limite occidentale touchait au Tagliavenlo ou Livontza et aux montagnes de la Chimère. I.a colonie deTrieste et la ville de Codropolis dépendaient alors du royaume d’illyrie. Agron possédait en outre plusieurs lies de l’Adriatique ; mais le voisinage des colonies pariennes l’inuiétait, et la guerre, était sur le point 'éclater, lorsque la mort vint suspendre ses projets. Il laissa le trône à Tcuta.

On voit figurer les Illyriens dans la guerre Médique; ce qui fait supposer qu'ils étaient assez puissants pour qu’on les recherchât comme auxiliaires. Sous Amynlas II, roide Macédoine, ils soutinrent contre ce prince les prétentions d'Argée, frère de Pausanias; mais le règne de Philippe fut le terme de leur prospérité. Ce prince les défit en plusieurs rencontres, et reprit rapidement toutes leurs conquêtes eu Macédoine. D apres

le traité qu’il leur imposa, leur territoire eut pour limite le lac I-ychnedus; et il leur fallut renoncer à tout le pays compris entre le Drin et l’Acrocéraune, espace qui répond aux sandgiaks actuels d’Ochrida, de Croïa, d’Elbassan , en y comprenant le Musaclié , contrée qui relève du drapeau de Bérat ou Arnaout- Beligrad.

Démembrement de l’Illyrie. Trois ans après la conclusion de ce traité, les Illyriens, vaincus de nouveau, devinrent tributaires de Philippe, qui reçut la nouvelle de leur soumission le jour de la naissance d’Alexandre.

triballes. — Les premières campagnes d’Alexandre le Grand nous donnent quelques details sur les Triballes , mentionnés par Hérodote. Ils occupaient la rive droite du Danube , entre le mont Hémus et la petite Scytliie. L’étendue de leur pays , depuis le Budgiak jusqu’à la Drina , était de quinze journées de marche ou d’environ cent vingt lieues. Alexandre, qui tourna ensuite ses armes contre les Illy riens, démembra leur territoire, et réduisit le domaine de leur roi Clitus au cours du Drin, tandis que, selon Arrien, il donna à un autre prince, nommé Glaucias, la Parthinie et les provinces qui forment de nos jours la moyenne Albanie.

celtes. Ces peuples, dont les possessionsétaient voisines du golfe Adriatique, n’eurent rien à démêler avec Alexandre, ui rechercha même leur alliance avant 'entre prendre sa grande expédition d’Orient. Ainsi , le vaste territoire qui renferme aujourd’hui la haute Albanie dont Scodra était la capitale, l’Hertzégovine, la Bosnie, la Dalraatie, n’entra point dans le systèmede conquêtes de Philippe et de son fils. Il était réservé aux Romains de soumettre l'Hlyrie proprement dite pour affermir leur domination en Macédoine, et s’étendre ensuite dans l’Orient.

Les Illyriens confondus avec les Celtes paraissent s’être adonnés de bonne heure à la piraterie ; ils avaient des établissements dans l’Epire, à Corcyre et jusque sur les côtes de l'Acarnanie.

C’est deces points isolés qu’ilsdirigeaient leurs expéditions sur les rivages de l’Eiide et la Messénie où ils occupèrent quelques positions navales. Nous les trouvons dans Polybe assiégeant Plie-

nioe(Phemilii, canton de Delvino), ville de la Chaonie, lorsqu’ils furent rappelés par Teuta, leur reine, pour étouffer la révolte d’une de ses provinces ( probablement la Bosnie ) qui avait embrassé le parti des Dardanieus, ennemis constants de la Macédoine. Or, comme ces barbares occupaient la Servie moderne, il s'ensuivrait qu a cette époque l’Ulyrie s’étendait au delà du confient de la Save et de la Drina, qui sont l’ADgros et leBrongos d’Hérodote.

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