I LL Y R I R SUIVANT STRABON
Strabon confesse qu’il avait peu de données topograpliiques sur la côte orientale du golfe Adriatique. Suivant ce géographe, la distance depuis les monts Cérauniens jusqu'au pays des Liburnes est de deux mille stades; il donne à la Liburnie une longueur de côtes de quinze cents stades, au littoral des Japodes mille, à celui de l'Istrie jusqu'à Tergeste (Trieste) treize cents ; en tout cinq mille huit cents stades.
L'illyrie, qu’il place en deçà de Pister, est baignée au couchaut par la mer Supérieure; elle confine avec le pays des Caruiens, le Noricum, la Pannonie, la Mœsie, la Macédoine et l’Épire. Ses limites, du côté de l'Italie, commencent à Pola , ville située à huit cents stades olympiques ou vingt-sept lieues de l’embouchure du Timave.
Parmi les nations il cite les Japodes, qui habitaient le mont Albius et les environs du lac Lugéum, aujourd'hui Zirknitz. Au mois de juin les eaux du Lugéum (palus) disparaissent, avec les poissons qui le peuplent, par de vastes cavités qui existent nu fond de son bassin. Au mois de septembre , les eaux repa-
raisseut avec plus de rapidité quelles n'en avaient mis à s’écouler.
D’après les indications du même écrivain, le pays des Japodes s’étendait jusqu'à la Pannonie et Vlsler. M. Gossellin évalué cette étendue de côtes, à partir du golfe de Quarnero jusqu’à Zara Vecchia, a mille vingt stades olympiques, ou trente-quatre lieues; en tenant compte sans doute des sinuosités du rivage. Il est possible que les Japodes aient eu les Pannoniens pour voisins , mais nous présumons que leurs limites au nord ne dépassèrent jamais le Colapis ou tout au plus la Save que quelques anciens ont confondue quelquefois avec le Danube.
Leurs villes principales étaient IViétulum, Arupenum, Monetlium et Yendum (Oueudon).
Metera , située dans la Lika , région inontueuse, rappelle le souvenir de Métulum, principale ville des Japodes et devant laquelle Octave, n'étant encore que triumvir, lit preuve d’intrépidité.
Danville fait ce rapprochement ; mais Gosselin déclare ignorer l’emplacement que ces cités occupaient.
Strabon donneau littoral des Liburnes cinq cents stades de plus qu'à celui des Japodes. Selon lui, cette longueur de côtes s'étend depuis Jadera jusque vers le fleuve Naron. Dans cette hypothèse, il aurait assigné cinq cents stades de côtes aux Liburnes et mille aux Dalmates qu’il a confondus avec les premiers. A partir de cette limite, il compte deux millestadesjusqu'aux monts Cérauniens, et c’est précisément la distance qui sépare la Narèuta de la Linguetta dans le canton moderne de la Chimère.
Strabon se contente de citer quelques îles de l’Adriatique, le neuve Titius, Scardona, sans donner aucunes notions sur l’intérieur de l’illvrie. Il place Salum sur la côte de la Dalmatie. Les Salonitains avaient plusieurs centres de population qui prenaient le nom de cités, ce qui désignait seulement le chef-lieu d’un canton et ne répondait pas à la signification d'oppidum. Au nombre de ces cités étaient Salum, Priamum, Ninia, Sinotium, Andeterium, Delminium, dont Ptolemée et Appien font mention.
I-e mont Ardion ou Sardion partage la Dalmatie en deux parties ; l’une aboutit à la mer; l'autre est située au versant
opposé de la montagne connue de nos
4 'ours sous les noms de Polog et de Gloluk. Le pays des Ardiens parait correspondre à la primorié des Slaves alors appelés Ouaraliens ou Paraliens à cause de leur voisinage de la mer. Venaient ensuite le Narum et les peuples appelés Daorisiens Pléréens, établis en face de Gorcyre la Noire. La position de Corcyre la Noire étant donnée par rapport aux Ardiens, on peut en conclure que les Daorisiens durent occuper une partie du Xaxable et de l’Hertzégovine, puisque Strabon leur assigne pour limite le golfe Rhizonique. Nous reviendrons plus tard sur les Dardanicns, les Triballièns, les Galabriens et les Thunates, nations établies au delà du mont Ardien.