‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 78 sur 300 · ALBANAIS · texte numérisé non relu

ALBANAIS

L'Illyrie macédonienne, au moyen âge, se composait des deux Épires ; au milieu des révolutions uni ont boulet erse les États du littoral adriatique, sa population a conservé sou type national, ses niicurs et sa physionomie primitive.

Si jamais l’énigme des origines s’est présentée obscure à l'historien, c'estlors qu il a essayé de remonter à la source qui pourrait mettre sur les traces de ce peuple, dont les premiers temps ouvrent un champ si vaste aux conjectures. Les Grecs et les Slaves ont exercé sur les Albanais une action continue; plus tard les Turcs les ont à moitié soumis; mais, au milieu de toutes ces vicissitudes , ce peuple est resté lui-méme. Ou dirait qu’il ne combat dans les rangs de l'étranger que pour exercer sesiustincts guerriers, et lui apprendre comment il se défendrait luimeme. La régularité des traits des Albanais et la beauté de leurs proportions semblent révéler une race caucasienne, pure de tout mélange.

Certains érudits , renonçant à déterminer leur origine, ont supposé qu’ils sont autochthoues. Quelques auteurs les croient descendus des Colches. Data, cette hypothèse, vers le temps de l’expedition de Jason daus la Colchide, une tribu sortie de ce pays aurait fondé Colcliinium ( Dulcigno) sur les côtes de I III y rie macédonienne, et se serait confondue plus tard avec les habitants du pays , qui les accueillirent ou se vireut forcés de leur laisser fonder l’un établissement.

Pendant une longue suite de siècles, ils disparaissent de la scène de l’histoire, et c’est à peine si leur nom se trouve mentionné à propos de quelque événement qui leur est étranger. Thucydide,

en parlant de l’expédition de Sita.cès contre Perdiccas, rappelle leur existence. Il indique Doberus (Dibra) comme le lieu où se rassemblaient ces peuplades barbares, pour se jeter de là sur U Macédoine-Transaxiehne. Ptolémée nous montre les Albanais établis au nord du fleuve Scombi (Tobi), habitant la ville d’Albanopolis (Elbassan), où leur postérité s'est maintenue jusqu'à nos jours. Il place les tribus des Skertones (Schypétars) vers la frontière de la Macédoine, près du lac Labéatis, aujourd'hui Balta. Pline donne à ce même peuple, qu'il divise en douze tribus, le nom de Scyrtari, qui lui est resté et qui désigne la race albanaise. Cet auteur place dans leur territoire Colchinium. Parmi les tribus, il cite les Colentini, les Separi, les Epetini et les Grabæi ( Grabia, daus la haute Albanie).

Ils paraissent avoir été quelquefois confondus daus la désignation générale de Scythes. Anne Comnène s'exprime ainsi : « Ce fut par un Scythe aussi léger que .Mercure qu’ Alexis, "due de Dyrrachium, lit parla l’empereur du debarquement de Boéinond en Illyrie les

Scythes, commandés par Cantacuzène, qui étaient campés sur le fleuve Charzane (Apsus), commencèrent l'attaque contre les Français (Normands). Ce n'étaient point des nomades vivant sur des chariots... > Magius Patavinus, en déclarant leur origine asiatique , les nomme enfants du Caucase. Depuis lougtemps déjà Æneas Sylvius avait émis la même opinion. Nous ajouterons qu’il existe des homonymies assez nombreuses dans les appellations des peuplades albanaises de l’iflyrie macédonienne et de l’Épire, et dans celles qui appartenaient aux tribus établies jadis entre le Palus-Méotide, la mer Caspienue et les contrées qui s’éten dent depuis le Pont-Euxin jusqu'à I Ar-

L’UNIVERS

ménie. Le peuple que les Européens nomment Albanais, et que les Turcs et les Arabes des régences barbaresques désignent sous le nom d’Arnautes , se donne la dénomination nationale de Schypétars. Il forme quatre grandes familles, qui ont toutes la même origine , ce sont : les Guègues et les Mirdites, les Toxides, les Japiset les Chamides.

Sans trop forcer les analogies , on peut reconnaître dans les Guègues les Gosks ou Gogs des géopraphes arméniens. Les Mirdites rappellent les Mardaïtes, expression qui, dans la langue schype, comme dans le persan moderne, signilie les Braves. I.es Toxides ou archers seraient les Lezgisdans ou Sagittaires de la merHyrcanienne; lesChamisde la Thesprotie une colonie de Schumiks asiatiques, et les Japis de l'Acrocéraune une tribu dont on retrouve l’homonyme sur la côte voisine de, l’Italie. Chacune de ces quatre divisions formait d'autres ramifications, dont nous parlerons plus tard.

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