‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 77 sur 300 · DIVISION EN PROVINCES · texte numérisé non relu

DIVISION EN PROVINCES

Cette lisière était partagée en huit provinces : Raguse avec ses faubourgs, ses jardins et quelques plantations d’oliviers formait la première. La capitale n’avait pour défense qu’une garnison de cent mercenaires mal vêtus et plus mal armés, dont le chef portait le titre de général de terre. Il était nommé par le roi de Naples, et touchait par jour une solde 1 franc 50 centimes.

Sa propre demeure eût été difficile à défendre; c’était une masure tombant de vétusté. Il ne paraissait guère en public avec les enseignes de son grade que le jour de S. Biaise, dont on solennisait la fête par le simulacre d’une petite pierre. Les Ragusais, jaloux de leur liberté, ne permettaient à la force armée que d’avoir des hallebardes et des mousquets sans batterie et sans baïonnette.

L’UNIVERS

I,a population de cette ville était d'environ quinze mille âmes.

Canali tenait le second rang parmi les provinces. C'était la plusetendue, l i mieux cultivée et la plus riche après Raguse. Elle se prolongeait depuis Cattaro jusqu'à ltagusa Veccbia. Deux princes deServie, llranichet lladoslas Pavlovitch, avaieut vendu, en 1427, à la république ce territoire, qui comptait dix mille habitants.

Apres Canali venait en troisième rang Ragusa-Vecchia (Raguse la Vieille), dont le chef lieu était bâti sur les ruines d'Epidaure, et pouvait avoir deux mille habitants.

Breno, quatrième province, serait remarquable par sa situation pittoresque si quelque végétation égayait sa vallée pierreuse. Cependant une rivière l'arrose, et l'œil s’y repose sur quelques maisons de campagne assez riantes, surtout dans la partie appelée Sabreno. Des villages suspendus au liane des montagnes qui avoisinent le Czernagora , le mont Saint-Serge, le village de Bel-Langue et partout des rochers, tel est le paysage qu'offre cette partie de l'Knchélie. Mais une vallee dont les vovagpurs viennent admirer les sites séveres et pittoresques, c'est celle que parcourt l’Arion, lleuve souterrain, qui sort du mont Bergat, dont ses flots ont miné la base. Les sondes de ce canal profond permettent aux plus gros vaisseaux de ligne d’y pénétrer. A certaines époques de l’année, on entend un bruit sourd dans les montagnes d'où s’élancent des trombes assez puissantes pour déraciner des arbres. Cette province a une populsliou de quatre mille âmes.

'VéXtU ;

Slano, qui est la cinquième des pro viuces, renferme six mille habitatiU; Stagno, la sixième, en compte cinq; Janina , placée plus avant dans la presqu’île, cinq mille, et Tarslenitza, qui est la dernière, environ trois mille.

Iles. — Les îles delà républiqueformaieut quatre comtés , savoir : l'tle de Méléda, l ancienne Mélite, chef-lieu Babino Poille, où aborda S. Paul, lorsqu'il fut appeléàRome pour comparaître devant César. Les érudits du pays montrent les ruiues d’un palais construit par Agésilas , que Sévère avait relégué dans cette Ile. Nous laissons à d’autres le soin de vérifier ce point historique. L’air de Méléda est doux et salubre; le séjour en est agréable ; et, maigre tous cesavautages, la population ne dépassait pas onze cents habitants.

Agosta , hérissée de montagnes , couvertes d’arbrisseaux, d'oliviers et de vi-

fnes, a une population de douze cents mes. La navigation et la |>éclie des sardines sont les ressources principales des Agostains. tiiupana l'ancienne Tauris de Pline , célébré par la victoire navale que Vatinius, lieutenant de César, remporta sur la flotte de Pompée,. ne compte que huit cents paysans, qui s’occupent de la culture des oliviers. Les Elaphytes (Isolr di mezzoj ne dépassent pas le 'même chiffre. Ainsi, en IK05, 1» population totale de la république de Raguse se montait à environ cinquante quatre mille âmes pour les huit provinces et les quatre comtés. On peut voir par les statistiques autrichiennes les changements que la différence des gouvernements a apportés dans la situation numérique, industrielle et morale de cette petite province

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