‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 80 sur 300 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

MWDITES.

Les Mirdites ou braves forment la deuxième division de la langue guègue; et font la majeure partie de la population du Sandgiac ou drapeau de Croia. Cette peuplade, fidèle aux usages de ses pères et soumise à l’Église romaine, était pour ainsi dire inconnue à l’Europe. Les historiens de Scanderbeg n’ont pas même nommé ces guerriers tant de fois vainqueurs d’Amurat.On les trouve à peine indiqués sur quelques cartes. Les capucins de Loretto, qui sont leurs guides spirituels , continuaient de les visiter sans s’occuper de leur origine ni de leur histoire. Cependant les recherches consciencieuses et profondes d’un historien moderne, M. Hahn, qui a eu le courage d'étudier la langue albanaise pour scruter plus sûrement les origines de ces peuplades, vient d’ouvrir au monde savant cette nouvelle source d’investigations.

C’est son livre à fa main que les érudits iront interroger le passé de ce peuple remarquable.

Hérodote croit les Mardaïtes issus des Perses; Anquetil lïuperron suit leur marche depuis l’annee 330 avant Père chrétienne jusqu’au milieu du sixième siècle, époque des conquêtes de Justinien en Italie. Dans cette période d’environ neuf cents ans, ce savant nomme les Antibarani, qu'on retrouve à Antivari ; les Mathi-Antibarani, ou Antivariens du fleuve Matliis, région habitée par les M irdites et les lbali; enfin les Tibarini ou

Dibranes, au nord desquels sont établies les peuplades schypes des Spassi (peutêtre les Pasks asiatiques ) et celles des Kalkandérens ou Tavasbars. Ainsi , autour du pays des Mirdites se trouvent groupées huit peuplades de Schypétars, dont les homonymes se rattachent aux appellations des nations Mardaïtes, d'origine scythique.

L’absence complète de monuments et de traditions ne permet point de déterminer l'époque de l’arrivée des hordes schypes dans rlllyrie. Aux septième et huitième siècles de notre ère, Anquetil Duperron croit les retrouver dans le Liban ; et plus tard Justinien Rhénocète rappela douze mille de ces guerriers qui, rie la Syrie se transportèrent à l’exi rémité occidentale de son empire , dans cette partie de l’illyrie qu’ils habitent actuellement.

Le pays des Mirdites, dont Oross ou Orocher est la capitale et la résidence de leur prince, comprend les affluents de la rive droite du Mathis ou Madia. Dans ces vallées sauvages habitent les Latzi ou Lazes, tribu mingrélienne, les Sumagori et les Grekhi dont le nom rappelle les Grisks, peuplade de la vallée du Tanaïs, et qui sont les derniers rameaux de la souche guègue, en allant vers le lac Lyctmidus.

Page 1