‹ Provinces danubiennes et roumaines par mm. Chopin et A. UbiciniChapitre 98 sur 300 · IS · texte numérisé non relu

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frontières jusqu 'à celles des Haïtiens et jusqu’à Schkriéli et Budiscbia. Mais bientôt leur nombre s'accrut; et il leur devint impossible de rester ensemble.

Ils se construisirent de nouvelles demeures à proximité les unes des autres. Ils partagèrent d'abord les terres en trois

Sortions, qu'ils tirèrent au sort ; la région u sud échut à Ali Gori et a Jéro, celle du nord a Sali et Ndoka , le centre à Ivam , Katschia et Leka ; quant à l'est, on le laissa aux indigènes. Etroitement unis, ils forment jusqu'à présent une tribu dont l'accroissement u'a jamais amené la séparation. Seulement Ali, qui était berger et qui pendant l'hiver faisait descendre ses troupeaux dans la plaine, la trouvant fertile et d'une température douce, s'y établit avec quelques-uns des siens, et laissa les autres sur la montagne. Cettgcoloniedes Castratiest composée en totalité de musulmans.

Les coteaux à vignobles dont nous avons parlé appartenaient depuis longtemps aux Benkaï de Triepschi. Ils forment une des tribus dont se compose Triepschi; mais ils sont originaires du Monténégro, où ils habitaient un endroit nommé Hèka-Ivan Beka. Leurs ancêtres avaient quitté ce pays à cause d'un meurtre , et depuis leur émigration leur nombre s’était accru rapidement. C étaient des hommes braves, que distinguaient pour cette raison les beys de Scodra.

Un de leurs chefs de famille s’était distingué de maniéré à mériter la faveur du pacha . qui lui accorda pour lui et sa descendance les vignobles restés en jachère sur les coteaux de Budiscbia, et qui s’étendent sur un espace d'environ trois quarts de lieue au pied du Velilchika. D'abord les Renkaï venaient de Triepschi pour cultiver ces vignes et faire les vendanges; mais lorsque les Détail furent devenus nombreux, elles leur furent données à ferme , à charge par ceux-ci délivrer aux proprietaires la moitié ou, selon d’autres , la dixième partie des produits. Ces conditions furent observées pendant très-longtemps; mais les choses changèrent à la suite d’un différend. Voici comment les conventions furent rompues ;

Un jour Kati et Déta se rendirent à Triepschi pour y prendre les Benkaï et aller vendanger avec eux. Comme ils

étaient dans la maison du chef, ils entendirent que l'on appelait deux chiens Kat et Ded. Irrités qu'on donnât leurs noms à ees animaux, ils tirèrent leurs couteaux et les tuèrent. De retour chez eux, ils racontèrent à leurs frères l’affront qu'ils avaient reçu. Comme réparation, il fut convenu que désormais iis ne payeraient plus aux Benkaï le fermage de leurs vignes. Us se mirent doncà vendanger sans s’inquiéter des propriétaires. A cette nouvelle , les Benkaï rassemblèrent des hommes de Triepschi et de Ketschi, et tombèrent pendant la nuit sur le bétail des Détali,que ceux-ci faisaient paître sur la montagne. Les quatre bergers qui étaientl de garde se défendirent longtemps; trois d’entre eux restèrent sur la place, mais le quatrième s’échappa, et courut répandre l'alarme. Cependant les assaillants s'emparèrent des troupeaux, et les emmenerent.

Ull Wicka, lorsque le matin il entendit le cri d'alarme, était en train de lacer ses sandales; il ne se donna pas le temps d’achever, et partit n'ayant qu'un

Ïiied chaussé. D'autres se joignirent à ui , et ils pressèrent tellement leur marche qu'ils rencontrèrent l’expédition au passage du Zem.

Ceux de Triepschi furent mis en déroute et perdireut quatre des leurs. Les Détali leur coupèrent la tête , attachèrent ces trophées à des piques, et revinrent en triomphe avec les troupeaux qu'ils avaient repris. Depuis cette victoire ils ne payèrent plusde fermage, et se partagèrent la vallée : une moitié échut aux Ivaui,et l'autre aux Gotaï, qui portent encore le nom de Budischaï.

Dans la suite ils devinrent redoutables à leurs voisins, ce qui les engagea dans des guerres continuelles avec les Schkriéli, les Hotti, les Kopliki et autres tribus; ils s’attaquèrent même aux pachas de Seutari, et conservèrent une telle supériorité sur les troupes qu'on leur opposait que les Turcs prirent le parti de les mettre dans leurs intérêts par des présents et de bons procédés. Ce moyen leur réussit, et pendant longtemps les Castrati se tinrent tranquilles; ils se soumirent même à un tribut de quelques paras par maison.

Il arriva cependant à un certain Tahir-Bey de les meitre sur le meme

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