‹ Prud'honChapitre 142 sur 148 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

4il

par des œuvres presque dignes de lui. Son talent était dans son imagination si féconde et si flexible, dans son cœur aimant, dans son sentiment original, absolument personnel, bien plus que dans sa manière. Or on peut enseigner des procédés et une méthode ; on ne transmet ni l’imagination, ni le céeur, ni le sentiment. On ne saurait lui assigner d’ancétres; il n’a pas eu de postérité. Isolé au milieu des artistes de son temps, il restera solitaire dans l’histoire de l’art. Il ressemble à ces météores qui, après avoir brillé quelques instants d’un vif éclat, rentrent pour toujours dans la nuit éternelle. Il a disparu, mais ses œuvres nous restent, et les ravissantes fictions créées par son crayon et par son pinceau prendront de plus en plus leur rang, et de jilus en plus délecteront tous ceux qui aiment la beauté, car elles sont l’expression parfaite de quelques-unes de ces idées que les esprits médiocres ne perçoivent qu’indistinctement et auxquelles le génie donne une forme absolue et définitive. Peintres, poètes, musiciens, artistes de toute sorte, on ne saurait assez vous rendre grâces de vos bienfaits ni vous célébrer avec trop de reconnaissance! C’est à vous qu’apparaissent, dans des visions sublimes, quelques-uns de ces points brillants dispersés sur la carte presque effacée d’un monde disparu ; c’est vous qui soulevez le manteau de plomb

Page 1