‹ Prud'honChapitre 5 sur 148 · I. Bevue des Deux Mondes, t" novembre (846, p · texte numérisé non relu

I. Bevue des Deux Mondes, t" novembre (846, p

3t MARIAGE DE PRÜD'HON.

du mariage, et c’est le curé Besson, dont les conseils poussaient sans doute son élève à accomplir strictement un engagement précis ou moral, qui procéda à la cérémonie. Il se pourrait aussi que Prud’hon eût obéi à un mouvement d’ambition et de vanité : la jeune fille qu’il épousa, Jeanne Pennet, était en effet la fille d’un notaire royal , et par conséquent d’une condition bien supérieure à la sienne. Deux détails minimes, mais caractéristiques, me feraient pencher pour cette hypothèse. C’est après son mariage que Prud’hon ajouta à son prénom de Pierre celui de Paul (sans doute en souvenir de Bubens), que l’on trouve intercalé dans l’acteauthentique que nous transcrivons plus bas ' . C’est aussi après 1780 qu’il introduisit un h et une apostrophe dans son nom, qu’il avait orthographié jusque-là Pnulon, comme son père. Quoi qu’il en soit, les contemporains sont unanimes à représenter cette union comme tout à fait indigne de lui, et contractée par un sentiment d’honneur en vue de réparer une faute. Je ne veux pas insister sur ce

I. C’csl bien évidemment une surcharge ; l'onerc et l'écriture ne sont |ias les mêmes que dans le reste de l'acte. Cependant il faut remarquer que, dans les pièces non oIRcielles, Prud'hon prenait avant cette 0|>oque le second prénom qu'il avait adopté, car on le tronve dans son certificat de franc-maçon, daté de 17*7, que je donne plus bas.

MARIAGK DE PRUDMIOX. 33

triste sujet, je préfère donner la parole à Voîart, qui a beaucoup connu Prud’lion et a certainement reçu ses confidences. Il n’est pas probable qu’il ait rien exagéré, et il est aussi catégorique que possible.

« Cependant, dit-il, celte sensibilité précoce qui présidait à ses conceptions pittoresques se développait encore d’une autre manière dans son âme aimante. A peine sorti de l’enfance, il conçut une passion pour un objet peu digne de le fixer. Il contracta une union mal assortie, pour réparer les torts de l’amour, et l’honneur à dix-huit ans' eut plus de pouvoir sur sa volonté que toutes les représentations de ceux qui s’intéressaient k son talent et à sa fortune. Ce fatal hymen fut pour lui une source de chagrins qui empoisonnèrent ses plus belles années ; et lui-même, peu de jours après son mariage, présagea qu’il serait le plus malheureux des hommes; mais, doué d’une force d’âme peu commune, il se résigna, et, s’armant de philosophie et de courage, il se livra de nouveau, et avec plus d’ardeur encore, à l’art qui fut dans tous les temps sa plus douce et sa plus grande consolation’. n

t. En février <778, Prud'hon avait près de vingt ans.

t. Vo'iart, jVolice historique, etc., p. 1 0. — Bien qu'elle manque de précision dans les détails, la notice de Voîart a une grande importance pour la vie du peintre. Voîart non-seulement était lié

3i MAIIIAGE DE l'RUD'IION.

La cérémonie nuptiale fut célébrée, comme nous l’avons dit, par le curé Besson, le 17 février 1778*.

avec Prud’lion, mais il l’était aussi avec son meilleur ami, M. do Boisfremont, à qui il a dédié son opuscule, et cetle dédicace commence [kir ces mots : « Vous étiez l’ami de mon ami, vous avez recueilli son dernier soupir, et je voua dois presi]ue tous les matériaux », etc. On |ieut donc res.irdcr celte notice comme l’œuvre commune des deux amis de Prud’lion.

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