‹ Prud'honChapitre 56 sur 148 · VIGNETTES DIVERSES · texte numérisé non relu

VIGNETTES DIVERSES

A gauche, uii Amour grimpé sur un e.scabeau vient de plonger sa main dans le coffret et offre à la coquette un beau collier qu’il en a tiré. C’est encore Roger qui a gravé ce petit ouvrage, dont le dessin appartient à Jl. llis de La Salle. Un autre dessin que pos.sède le même amateur représente la Musique et la Danse, personnifiées par deux jeunes femmes, l’une ii droite, drapée et jouant de la lyre ; l’antre à gauche, enivrée de plaisir et s’enlevant sur le bout de son pied léger, demi-nue, le corps cambré, la tête souriante et renversée, frappant des deux mains élevées les cymbales retentissantes; au centre de la planche en haut, se trouve une tête d’Apollon laurée; au bas, des instruments de musique; au milieu, une inscription illisible. Cette composition était probablement destinée à servir de carte d’invitation à, un bal ou à quelfiue première représentation à l’Opéra; mais il ne paraît pas que ce projet ait été gravé au moment où il fut dessiné par le pauvre artiste'. Enfin Prud’hon fit encore pour un confiseur du Palais-Royal, nommé Berthélemot, deux petites pièces ovales gravées par Roger, que le Boissier du temps plaçait sur ses bonbonnières. L’une de ces estampes, qui est la reproduction à peu près

Ce dessin a été lithographie en fac-similé par M. Georgo.s Bellcnger, ainsi que le précédent.

PRUD’IION A RIGNV.

exacte d’une pierre antique, représente Léda avec le cygne et ne porte pas le nom de Prud’hon. L’autre est signée et appartient complètement ii notre artiste. C’est Vénus à demi nue et agenouillée ; elle pose ses deux bras sur ceux de l’Amour, qui s’avance pour la caiesscr. Ce petit groupe est ravissant.

Mais ces obscurs et minimes travaux ne pouvaient suffire aux besoins de la famille de Prud’hon. La disette de 179/j vint encore aggraver sa pénible situation. Ne pouvant plus tenir à Paris, il se retira pendant deux ans à, Rigny près de Gray, en Franche- Comté, où, sans doute, il avait des parents ou des amis. Il y fil un assez grand nombre de portraits à l’huile et au pastel, et y travailla à, cette belle suite d’illustrations pour Pierre Didot et pour d’autres éditeurs dont nous avons ii nous occuper maintenant.

C’est loin du bruit, dans celte retraite solitaire, où à l’abri du besoin il pouvait goûter, sinon le bonheur au moins une tranquillité relative, que Piaid’hon, replié sur lui-même, exécuta une partie de ces ravissants dessins qui illustrent les grandes éditions dites du Louvre, que nous devons aux excellents impri-

DAPHNIS ET CHLOE.

meurs Didot. Et il n’est pas inutile de faire remarquer une fois de plus, h ce propos, cette activité intellectuelle qui régnait au plus fort de la tourmente révolutionnaire. C’est en effet pendant les dernières années du xviii' siècle et les premières du xix' que les Didot publièrent, avec le concours des plus illustres artistes du temps, ces magnifiques volumes qui sont des inonumeuts de la typographie française.

C’est à Paris cependant, quelques mois avant son départ pour Uigny, que Prud’lion avait commencé tout au moins les dessins du Ikiphnis cl Cliloé', comme le prouvent deux reçus dont on possède les originaux’. Trois seulement des iilanches qui illustrent ce bel ouvrage sont de lui : la Chècre allaitant Daphnis, le Bain et la Cigale. La première n’est ()u’un frontispice dans lequel l’artiste s’est borné à traduire pour les yeux les paroles de son auteur. « En cette terre, dit Amyot, un chevrier, nommé Lamor, trouva un petit enfant ^que l’une des chèvres

1. Les Amours paslorntcs de Daphnis et Chloé. Paris, de l'imprimerie de P. Diiiol l'aîné, an Vlll-1800. I vol. in-4.

î. a J'ai revu du citoyen Didot l'alné la somme de mille livres à compte de celle de trois mille livres |K)ur le quartier de Juillet. — A Paris, ce 56 juillet 1793. »

« J'ai reçu du citoyen Didot l’aîné la somme de quinze cents livres en définitive du payement pour le quartier de juillet. — .A Paris, ce 25 août 1793. »

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