LE BAIN
allaitait. » Le berger, penché en avant, écarte de la main les broussailles et regarde avec surprise la chèvre et son nourrisson, couchés au premier plan. C’est une jolie composition, qui dit bien ce qu’elle doit dire, mais qui n’offre rien de saillant. Il en est tout autrement des deux autres. Le Bain est certainement une des inspirations les plus heureuses de l’artiste. .\u milieu d’un bocage obscur, près d’une eau tranquille, au pied d’un socle rustique qui supporte un groupe des Trois Grâces, üaphnis est assis, le corps un peu replié, les pieds croisés l’un sur l’autre, le coude sur le genou, et regarde avec ivresse la jeune fille qui, toute craintive et frémissante, plonge son pied dans l’eau dont la fraîcheur la surprend. Souriante et fière d’être belle, elle s’appuie des deux mains, en inclinant la tête, sur l’épaule et sur le bras de son amant ; sa jambe gauche est légèrement infléchie, l’autre, étendue : et ce mouvement, de la plus originale invention, fait saillir sa belle hanche et développe toutes les grâces de son corps charmant. Le parti pris de lumière donne une unité parfaite à ce groupe poétique, qui se détache sur le fond obscur et mystérieux de la forêt. On pourrait pourtant faire un reproche à ce délicieux ouvrage ; le corps de Chloé, d’un si beau galbe et d’ailleurs si juvénile, est celui d’une fille de vingt ans, ce qui