LA SOIF DE L’OR
inents portugais; mais la nature perverse du jeune avare reprend le dessus, et il abandonne sa maîtresse, qui meurt.
Ce sont ces fadaises que Prud’hon entreprit d’interpréter. Il fit cinq compositions pour cet ouvrage* : l’Hospitalité, te Sacri/ice, l'Oracle, la Grotte, et un frontispice connu sous le titre : la Soif de l'or. Cette admirable pièce représente un jeune homme qui a posé ses pieds sur une femme renversée qui allaite un enfant. C’est l’avare Edouard. 11 recueille avidement des pièces d’or que laisse tomber un vieillard
I. Ces cinq vignettes d’après Prud’hon devaient faire partie d'une suite projetée de dix planches pour une édition de luxe do cet ouvrage. Celte édition ne fut pas imprimée. Quant aux planches exécutées, on n’en avait tiré qu’une douzaine d’épreuves, nous dit Roger dans le ralalogue autographe de son œuvre déposé à la Bibliothèque nationale, et il ajoute que des quatre qu’il a gravées trois ont été détruites par les enfants de Lucien, qui, en jouant, les frottaient sur des briques pour les polir. — lai planrhe intitulée le Sacrifice, la seule qui ne soit pas de Roger, a été gravée par Godefroi. — M. Mabérault possède un dessin pour l'Oracle et les croquis de deux compositions qui n’ont pas été exérmtées.
Le roman de Lucien a été l’objet d’une supercherie littéraire. Il a été imprime en 4802 comme un ouvrage nouveau, sous le titre de : les Tenadares, ou l'Européen et l'imlieime, roman traduit de l’anglais, de mistriss Helme, par M. A. C, Paris, Chaumont aîné, i vol. in-42. — En 1848, il en a été publié une édition in-4 BOUS son ancien titre. Imprimerie de Lacour, sans date.
Î18 L’HOSPITALITÉ. — L’ORACLE. -LA GROTTE, appuyé à une fenêtre. Cette ingénieuse allégorie est en môme temps une excellente composition, d’un effet dramatique et très-imprévu. Trois autres vignettes de cette suite méritent encore d’être signalées. Dans VUospilalilé, Édouard, les mains jointes, s’avance vers Siellina en la suppliant. I..a jeune fille, à demi-vêtue, éclairée de haut en bas de 1a manière la plus heureuse, lui montre d’un geste plein de grâce l’entrée de la grotte. C’est charmant, mais le costume d’Édouard, habit étriqué, chapeau po.sé en arrière, est ridicule, et, quoi qu’on en ait, le sourire effleure les lèvres. L'Oracle est une composition du caractère le plus grandio.se. Le dieu colossal, assis sur un trône de construction barbare encastré dans les murailles du temple, la tête, dont le bas est éclairé par une lampe â trois becs, à demi enfoncée dans la voûte, menace la jeune fille prosternée h ses pieds. Celte scène, très-simplement exprimée, est d’un effet saisissant. La Crotte, enfin, est un de ces motifs où Prudd’hon excellait. Stellina, presque nue, vient d’être surpri.se ])ar Édouard qui, à genoux devant elle, embrasse son corps charmant. D’une main elle ramène un bout de sa dr.aperie sur sa poitrine; de l’autre main, posée sur l’épaule de l’audacieux, elle le repousse doucement; sa jolie tête exprime à la fois la honte et le bonheur. Cette figure est ravissante, et