‹ Prud'honChapitre 62 sur 148 · LA TRIBU INDIENNE · texte numérisé non relu

LA TRIBU INDIENNE

l'effet le plus saisissant. Jamais peut-être la passion n’a été exprimée en traits plus ardents et plus dramatiques, plus puissants et plus imprévus. Prud’hon voulut graver lui-même ce chef-d’œuvre. 11 en fit une eau-forte dont on ne connaît qu’un très-petit nombre d’exemplaires. Cette planche est d’une largeur et d’une vigueur admirables, et Priid’hon a fait passer dans le métal l’émotion qui débordait de son âme lorsqu’il créa cet ouvrage. Mais l’artiste, qui n’avait jamais beaucoup pratiqué le burin et qui ne le maniait plus depuis plusieurs années, craignit sans doute de ne pouvoir donner à cette estampe le fini qu’on exige dans une pièce destinée à illustrer un volume, et c’est Roger qui la termina'.

Après Gentil-Bernard, Lucien Bonaparte! C’était tomber de Charybde en Scylla. Le roman de cet homme aimable et lettré est aujourd’hui bien oublié. Je l’ai lu, et il faut avouer qu’il mérite son sort. On assure que Bernardin de Saint-Pierre en eut longtemps le manuscrit entre les mains, qu’il relisait

1. L’eau-forle de Prud'hon, dont je no connais que trois épreuves à MXI. Ilis de La Salle, Galiclion et E. Marcille, est avant le titre et porte à la pointe, à gauche dans le cartouche : /'. P. Prud'hon inv. incidit. — Le dessin et la gravure de Phrosine et Mélidor furent exposés au Salon de 1798. — M. Hyacinthe Didol possède une petite peinture de ce sujet.

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souvent la Tribu indienne, et disait qu’il voudrait en être l’auteur. J’.ai peine à le croire, et le maître était bien indulgent pour son médiocre imitateur. Ce livre', où les déclamations humanitaires se mêlent aux descriptions licencieuses, est devenu fort rare : car Lucien, devenu ministre de l’intérieur, racheta et détruisit tous les exemplaires qu’il put retrouver. En quatre mots, voici te sujet. Le vieux Milford, négociant de Plymouth, n’a qu’un fils, nommé Edouard, qu’il a élevé dans des idées mercantiles les plus étroites et auquel il a transmis sa passion pour l’or. Il l’envoie avec une riche cargaison dans les Indes pour y suivre ses affaires. Le navire aborde au cap Comorin pour faire de l’eau. Ix;s passagers descendent, et pendant qu’Edouard s’enfonce dans les terres pour reconnaître le pays, ses compagnons sont massacrés par une troupe d’indiens. Edouard erre à l’aventure, et bientôt rencontre une jeune fille endormie qui s’éveille au cri d’admiration que pousse l’.Anglais. C’est Stellina, la fille du chef du pays. Édouard lui explique ses malheurs et s’en fait aimer. Siellina le cache dans la grotte sacrée, puis se résout à fuir avec lui et le conduit à travers mille difficultés jusqu’aux établisse-

I. La Tribu indienne, ou Édouard et Stellina, poomo en prose, par le C. L. B. {citoyen Lucien Bonaparte.) Paris, chei Uonert, an vu. S vol. in-ti.

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