‹ Prud'honChapitre 71 sur 148 · I* • I. t»”** S ijî i* I.l' ‘ • ' . . I. r' a • f · texte numérisé non relu

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RETOUR DE PRL'D’HON A PARIS. ï57 Christ ne succombe pas : il est debout, marchant péniblement sous son fardeau, suivi de la Vierge, de saint l’rançois, de sainte Thérèse, de saint Jérome, de personnages symbolisant toutes les nations, tous les âges, toutes les conditions, toutes les douleurs humaines, qui l’accompagnent au Golgotha. Ce groupe de figures, se détachant sur les parties éclairées du ciel, est de l’elTet le plus original, le plus dramatique, le plus émouvant; et cet ouvrage, aussi remarquable par sa valeur pittoresque que par le sentiment dont il est empreint, fait pressentir le Christ en croix, et prouve que celui qu’on a nommé le peintre des grâces pouvait parfois s’élever aux conceptions les plus sévères de l’art religieux*.

Prud’lion revint à Paris en 179G, ou au plus tard au commencement de l’année suivante. Ce séjour dans une bourgade de la Franche-Comté ne lui avait pas été inutile. .\u sortir de sa vie de Paris, pleine do difficultés et de misères, il avait trouvé à Uigny des

I. Pour 6lro loul à fait complet, il faudrait ajouter à celte série d’illustrations ta l'aix, dont je parierai plus tard, qui sert do frontispice à l'ouvrage de Ilruun-Neergaard.

Ï58 l'HOCllOT. — DAVID. — GIRODET. — GUEl'ZE.

relations agréables et qu’il appréciait vivement, une aisance relative, la paix de la campagne, la solitude et les loisirs nécessaires pour se renouveler et mûrir de nouveaux projets. Il s’y était fait en Frochot. membre de l’administration centrale de la Côte-d’Or, et qu’il avait peut-être déjà connu à Dijon, un excellent ami qui à partir de ce moment ne cessa de l’aider de son crédit. Frochot était alors très en vue; il avait joué un rôle considérable aux États-généraux. Lié avec les personnages importants de l’époque, son intervention en faveur de Prud’hon se fit sentir aussitôt. Les cinq ou six années qui suivirent le retour de Prud’hon à Paris sont parmi les plus fécondes de sa vie ; car c’est dans ce laps de temps (ju’il exécuta, outre quelques-unes des petites pièces dont nous avons parlé, le tableau la Sagesse et ta Vérité, les grandes décorations de l’hôtel Saint-Julien, les deux plafonds du Louvre : l’Etude guidant l'essor du Génie, et Diane implorant Jupiter, ainsi que le beau dessin de la Eaix, si magistralement gravé par Roger.

Prud’hon fit quelques visites en arrivant à Paris; David etGirodet le reçurent assez mal. Seul parmi les peintres en renom. Greuze l’accueillit d’une manière bienveillante. .Vvcc sa brusquerie habituelle, il lui dit : (I Avez-vous du talent? — Oui, répondit le candide Prud’hon. — Tant pis, reprit Greuze. Delà famille et

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