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pilastre.«, on voit la tète du Temps et celle de la Vieillesse. Les deu.v bas-reliefs sur les cotés repn'senlenl, l’un, deu.x Pégases conduits par deu.x Génies ([ui s’abreuvent à la fontaine d’Hippocrène ; l’autre, deu.x Sphinx, symboles des mystères de la nature ; un enfant ailé est occupé k faire des recherches; un autre semble avoir fait quehiue découverte.
Les quatre ravi.ssantes compositions peintes en grisaille au-dessus des portes sont bien supérieures, selon moi, aux autres parties secondaires de la décoration. Le Matin est représenté par une femme enveloppée dans une sorte de robe de chambre et encore coiiïée pour la nuit. A demi étendue sur un canapé, elle lit avec une profonde attention; deux enfants, appuyés au dossier du meuble, la regardent en chuchotant. Dans le Midi, c’est une femme au bain, dans une altitude voluptueuse et charmante. Deux enfants accroupis près d’elle font de la musique: l’un tient un livre ouvert et chante, l’autre l’accompagne en jouant de la flûte. Vénus à sa toilette personnifie le Soir. Vue de dos, à demi-couchée, le haut du corps nu, elle ajuste sa chevelure. Un enfant tient un miroir devant elle; l'Amour assis kses pieds l’éclaire
celte composition, que je n’ai pu retrouver dans le salon de l’hôtel Rothschild et que Prud’hon a reprise dans son projet de fronton pour l'Hotcl-Dicu.
DÉCORATIONS DG L’HOTEL SAINT-JULIEN. îG9 de son flambeau. Pour la Nuit, c’est encore Vénus. Elle est profondément endormie, le bras replié sur l'oreiller, la tète penchée sur l’épaule. Deux Amours sont coucliés auprès d’elle. Au second plan, perchés sur un meuble, deux colombes se becquètcnt. L‘s quatre pendentifs principaux et les quatre dessus de porte, exécutés sur bois, sont de grandeur naturelle.
J’ai lenu îi donner une idée un peu complète d’un ouvrage aussi considérable, formant un tout ingénieusement lié, et qui, malheureusement, n’cxistc plus dans son intégrité. Ixs quatre grands panneaux ont été détachés et transportés au château de Schlechsdorf, appartenant à M. Anselme de Holhschild. Quelques-uns des autres morceaux, entre autres les quatre dessus de porte, sont encore en place. .Mais le magnifique salon de l'hôtel Saint-Julien est transformé en salle d’attente pour les bureaux d’une société industrielle, cl encombré de cloisons qui ne permettent pas d’approcher des peintures. Les fenêtres sur le jardin sont obstruées par des constructions extérieures, de sorte que l’obscurité est presque complète. Ce grand travail méritait certes un autre sort. Prud’hon a fait sans doute des ouvrages plus étudiés et plus châtiés. Les peintures de l’holcl Saint-Julien sont traitées en décoration. Ici, comme dans d’autres occasions, l’artiste, se fiant à son
Ï70 DÉCORATIONS DE L’IIOTEL SAINT-J.L'LIEN. savoir et à son étonnante mémoire, a trop négligé le modèle. Mais ses incorrections et ses négligences n’ont jamais rien de choquant, et Prud’lion a répandu à flots dans la plupart des motifs dont il a orné cette salle tous les trésors de sa riche et poétique imagination
M. de Lanois fut sans doute satisfait de ces peintures, car il demanda à Prud’hon de décorer un autre salon de son hôtel. L’artiste fit les projets de frises représentant les quatre Saisons. Ces dessins furent exposés au Salon de 1799. Occupé déjà selon toute vraisemblance de son plafond du Louvre, Diane implorant Jupiter, Prud’hon confia à M. Dubois décorateur, l'exécution de ces ouvrages. Ces peintures qui étaient, dit-on, fort médiocres, ont disparu. Ce sont donc les dessins seulement et la description que nous en a laissée IJruun-Neergaard qui peuvent en donner une idée*.
Dans le Printemps, des jeunes tilles sont occupées à parer de fleurs la statue de Priapc. Un Amour
I. Les quatre grands [lanneaux et les quatre dessus de porte ont été litliographiés par Boilly.
î. Ces importants dessins appartenaient, en ISOt, à Bertrand, i'ami de l’rud’tion; ils passèrent ensuite aux mains de Bruun- Ncergaard, et furent vendus, le 29 août 1814, avec les autres objets d'art de cet amateur. Le marquis Maison les a possédés pendant
DÉCORATIONS DE L’HOTEL SAINT-JULIEN. 271 s’appuie sur un lion, qu’un autre enfant précède en pinçant de la lyre ; un troisième fait voler des oiseaux attachés A un fd ; un satyre poursuit une nymphe et l’agace en lui jetant des (leurs; un autre chevauche un faune qu’entourent des enfants; sur un char traîné par Zéphyre, on voit le Printemps couronnant l’Amour. Deux jeunes filles lutinent un autre Amour qui porte une corbeille de fleurs. Les Grâces dan.sent autour de deux amants qui se jurent fidélité devant l'image du dieu, et qui sont accompagnés de la Fidélité et de la Constance.
L’Elé est symbolisé par une scène de moisson. Près de la statue de Gérés, qui tient une gerbe et une faucille et à qui une famille de villageois vient offrir les prémices de ses récoltes, des hommes sont occupés à couper et à lier le blé; trois enfants regardent un nid d’oiseaux qu’on vient de leur donner. Plus loin on voit des femmes qui apportent aux travailleurs leur repas ; l’un deux, accablé de chaleur, boit à même une bouteille que son camarade veut lui
plusieurs années. Ils font aujourd'hui partie de la riche collection de M. le duc d’Aumalc. — M. Camille .Marcillo possède des peintures do l’iVé et do quelques parties des sujets do V Automne et do r//ioer. Cts ouvrages seraient, dit-on, de la main do M. Duhois, grand prix de Rome et frère du décorateur qui avait exécuté les projets de Prud’lion dans la seconde salle de l'bùtcl Saint-Julien.
Î7i DÉCORATIONS DE L’HOTEL SAINT-JULIEN, arracher. Un jeune enfant accompagne sa mère; le chien de la maison le caresse, pour avoir sa part du pain qu’il lient à la main. On aperçoit dans un enclos deux paysans qui foulent le blé et un troisième grimpé sur un arbre pour voir des femmes qui entrent au bain.
Dans r.4i/lom»e, un satyre s’eiïorce de relever une femme nue qui parait ivre. Deux autres femmes en soutiennent une troisième qui tient une coupe dans laquelle une jeune fille verse du vin. Un enfant à cheval sur un bâton, et un satyre soutenant une bacchante {|iii presse une grappe de raisin au-dessus de sa bouche, sont précédés de personnages qui les animent du sou de leurs instruments. Une femme verse à boire à un satyre accompagné de deux jeunes femmes. Vient ensuite Bacchus assis sur un char traîné par deux tigres et poussé par des enfants ; l’Amour appuyé sur la Lubricité élève sa coupe; enfin, cette composition très-complexe renferme encore cinq ou six épisodes qui se rapportent au sujet.
La composition de VUiver est plus simple. Des jeunes gens, accompagnés de leurs chiens, reviennent de la chasse. Quatre petits garçons et deux fillettes jouent avec une jeune femme â la main chaude. Autour d’une table abondamment servie, cl
DÉCORATIONS DE L'HOTEL SAINT-JULIEN. Î73 sur laquelle on voit les statues de Momus et de l'Amour, sont assis de joyeux convives servis par des femmes. Une jeune fille fait danser des amoureux au son de son hautbois; un peu plus loin deux autres amants s’embrassent ; deux femmes avec qui un jeune homme s’entretient travaillent auprès du feu’.
Ah! puissance de la mode! ces allégories sans fin, tous ces ralfinemcnts et ces symboles qui rappellent les imaginations de M"‘ de Scudéry, nous paraissent ridicules et nous excèdent. Nos pères les aimaient. Prud’hon y trouvait des motifs appropriés
1 . Prud’hon a fait une autre suite de Saiso/u personniRées par des figures do femmes. Quoique je n’aie aucun renseignement précis à cet égard, je crois qu’on peut afiirmer que ces charmantes peintures, très-connues par les lithographies de Boillr, étaient destinées à la décoration d’un appartement, et, en se fondant sur les rapports de stvie et sur la nature des sujets, qu’elles ont élé exécutées il la même époque à peu près que celles de l'hàtel Saint-Julien et sous l’influence des mêmes idées. Le Prinlemptesl symbolisé par une femme vêtue d’une gaze blanche, qui tient des fleurs dans ses deux mains; l'Élé, par une femme, la tête, le haut du corps et les jambes entourés d’une gare verdâtre, qui porte une gerbe sous chacun de ses bras; l’Automne, par une femme vêtue d'une gaze blanche, et le bras droit lové, qui tient de la main du même cêté une grappe de raisin, do la gauche un tbyrse; autour de son corps et de sa jambe gauche flotte une écharpe violette; TJ/trer enfin, par une femme, la tête et le corps enve-