COLON NE
« De leur tombeau s’élève le monument de leur courage. Dans leur valeur héroïque ils ont entassé victoire sur victoire, moissonné les palmes de la gloire et touchent maintenant à l’immortalité.
B Si mes lecteurs, ajoute lïf. de Montaiglon, avaient le dessin sous les yeux, je n’aurais rien à y ajouter; mais en son absence je suis contraint d’entrer dans quelques détails de description pour donner un corps positif à ces idées allégoriques et de préciser davantage la forme pittoresque que Prud’hon leur a donnée. Du centre d’un bassin circulaire s’élève un grand soubassement carré, relativement peu élevé, surmonté d’un piédestal carré beaucoup plus étroit et très-haut; c’est sur celui-là que porte la colonne
PROJET D'UNE COLONNE MONUMENTALE. î:9 couronnée par une statue de femme. — Sur le premier soubassement, et par conséquent des quatre côtés du piédestal de la colonne, se voient (juatre grands socles bas et larges, portant quatre statues de fleuves à demi couchés. Celui qu’on voit de face est le Nil appuyé sur un sphinx. Les deux autres qu’on voit sur les côtés sont le Pô caractérisé par un cygne, et un troisième n’ayant qu’une urne pour emblème. De la plinthe sur laquelle ils sont couchés tombe dans toute sa largeur une nappe d’eau qui passe en quart de cercle devant des bas-reliefs sculptés sur leur piédestal. Le seul visible est celui placé au-dessous du Nil; il représente le débarquement en Égypte.
« Le piédestal de la colonne se divise en deux parties et en une sorte de soubassement en forme de frise où l’on voit un aigle entre deux urnes; la partie supérieure est flanquée à ses quatre angles de Victoires. Celles-ci, placées comme au coin d’un sarcophage, forment cariatides et supportent sur leurs têtes les angles de quatre frontons, surmontés en entier d’attributs guerriers et se terminant par un trident qui porte sur la tète des Victoires. Entre celles-ci et de toute la hauteur de leurs corps se trouvent quatre tables droites, destinées à recevoir des inscriptions.