‹ Prud'honChapitre 92 sur 148 · II · texte numérisé non relu

II

i: ENLEVEMENT DE PSYCHÉ

L'ENLÈVEMENT DE PSVCHÊ PAR ZÉPHYR E. 311 tige au-dessus d’elle. Sa lôte, mollement couchée sur l'épaule, s’encadre de la manière la plus pittoresque dans le bras replié et dans la main qui vient s’appuyer sur le front; l’autre main pose sur le haut de la poitrine. Le groupe entier, qui edlcure silencieusement une prairie tout émaillée de marguerites, se détache sur le rocher sombre du fond. Les deux l)lans de lumière et d’ombre, parfaitement motivés comme dans la plupart des ouvrages de Prud’hou, produisent d’admirables eiïels, qui méritent d’autant plus d’être remarqués, que cette manière de distribuer la lumière est toute personnelle îi Prud’hon et (pie, dans celte voie, il a précédé Géricault. Le haut du corps de Psyché, sa cuisse et le bas de sa jambe gauche, la poitrine, le bras et le pied de Zéphyre qui soutient la jeune fille à droite, la tète de l’enfant que l’on voit en arrière, sont vivement éclairés; le reste se modèle dans des demi-teintes d’une transparence exquise que rendent plus profondes quelques éclats de lumière qui jouent çà et là sur les ligures. L’ensemble estpres(]ue monochrome; la tonalité générale, renfermée dans une gamme qui va du noir au blanc, est à peine réveillée par quelques colorations étouffées : la draperie jaune, le voile violet, les ailes azurées de Zéphyre, le vert discret de la prairie. Ce parti pris, tout conventionnel et qui ne conviendrait pas à

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