‹ Prud'honChapitre 93 sur 148 · L'ENLÈVEMENT DE PSYCHÉ PAR ZÈPHVRE · texte numérisé non relu

L'ENLÈVEMENT DE PSYCHÉ PAR ZÈPHVRE

tous les genres de sujets, a fourni au peintre les ressources les plus précieuses pour exprimer une scène féerique, qui tient du rêve autant que de la réalité: il y a trouvé également les moyens de dissimuler certains défauts de la silhouette, entre autres l’angle rentrant formé par les jambes repliées de Zéphyre, qui dessinerait une ligne désagréable à l’œil si le peintre n’avait noyé dans l’ombre cette partie de son tableau. Le dessin, à peine troublé par quelques taches de lumière, peut-être trop accusées, est d’une largeur, d’une souplesse, d’une originalité qui rappellent les plus belles œuvres de la peinture. La tête de Psyché est admirable : noble, pure, séduisante, d’une expression idéale, enchanteresse en un mol; le corps, d’un galbe plein de grandeur et d'élégance; la gorge, d’une forme parfaite; les cuisses, dans la lumière, sont des morceaux excellents et dignes des plus grands maîtres. Il faut aussi remarquer la tête adorable de l’enfant placé en arrière de Psyché et la figure entière de celui qui soutient les jambes de la jeune fille.

Pour moi, devant un pareil chef-d’œuvre, je ne puis qu’admirer, et j’ai presque honte d’avoir relevé quelques taches légères, qui disparaissent dans la' splendeur de l’ensemble. Cette grande toile, si belle par l’inspiration, exécutée d’une manière si puissante

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