LE CHRIST PORTANT SA CROIX
sans un satyre épris, lui aussi, des charmes de Sylvie, et qui, tapi dans un buisson, épie l’arrivée de la belle, se précipite, et la lie à un arbre par ses longs cheveux. Penché sur elle, il la contemple et porte déjà sa main velue sur le beau corps de la nymphe, lorsque Daphné l’arrête, appelle Amyntas et Tircis, qui chassent le satyre et rendent la liberté à la cruelle. C’est cette scène qu’a représentée Prud’hon. La jeune fille, dépouillée de ses vêtements, est couchée près de la source transparente, appuyée contre le tronc d’un hêtre, les bras croisés derrière le dos, la tête penchée sur l’épaule. Daphné a saisi le satyre par la tête, et l’on aperçoit dans le fond les deux amis qui accourent. Hélas 1 une description ne dit rien, il faut voir ce bijou. C’est une composition ravissante et sans tache, une œuvre complète et exquise où Prud’hon a mis tout son savoir et tout son sentiment.
Le Christ portant sa croix fut exécuté plusieurs années plus tard, en 1817 C Dans cette composition, l’artiste s’est éloigné des données traditionnelles. Le
1 . Œuvres de Pierre Corneille et Chefs-d’œuvre de Th. Corneille, avec les Commentaires de Voltaire. Paris. Ant.-Aug. Renouard. 1817. 12 vol. in-8. — La planche gravée par Roger sert de frontispice à la traduction de Limitation de Jésus-Christ , de Pierre Corneille. — Le dessin pour cette gravure appartient à M. Eudoxe Marcille.
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