RETOUR DE PRUD’IION A PARIS
Christ ne succombe pas : il est debout, marchant péniblement sous son fardeau, suivi de la Vierge, de saint François, de sainte Thérèse, de saint Jérome, de personnages symbolisant toutes les nations, tous les âges, toutes les conditions, toutes les douleurs humaines, qui raccompagnent au Golgotha. Ce groupe de figures, se détachant sur les parties éclairées du ciel, est de l’effet le plus original, le plus dramatique, le plus émouvant; et cet ouvrage, aussi remarquable par sa valeur pittoresque que par le sentiment dont il est empreint, fait pressentir le Christ en croix , et prouve que celui qu’on a nommé le peintre des grâces pouvait parfois s’élever aux conceptions les plus sévères de l’art religieux1.
Prud’hon revint à Paris en 1796, ou au plus tard au commencement de l’année suivante. Ce séjour dans une bourgade de la Franche-Comtc ne lui avait pas été inutile. Au sortir de sa vie de Paris, pleine de difficultés et de misères, il avait trouvé à Rigny des
\, Pour être tout a fait complet, il faudrait ajouter a cette série d’illustrations la Paix , dont je parlerai plus tard, qui sert do frontispice à l’ouvrage de Bruun-Neergaard.