‹ Prud'honChapitre 130 sur 201 · LA LÉGENDE DE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE DE PSYCHÉ

nombre de peintures du commencement de ce siècle. Malgré le mauvais état où il se trouve, ce tableau a gardé toute sa puissance, non-seulement parce que les grandes dispositions de l’ensemble subsistent, que quelques-uns des morceaux les plus importants et les plus excellents sont intacts, mais aussi parce que Prud’hon a mis dans ce noble ouvrage cette intelligence morale, ce sentiment profond qu’il possédait à un si haut degré, et que l’intérêt de la pensée s’unit à la beauté pittoresque, la complète et fait oublier les injures du temps1.

La légende de Psyché a préoccupé Prud’hon pendant sa vie tout entière. Cette allégorie, imaginée par quelque platonicien et popularisée par le roman d’Apulée, représente une jeune fille douée de la beauté du corps et de celle de l’âme, aimée par Cupidon lui-même, punie de son imprudente curiosité par les souffrances que lui inflige Vénus et par la mort, puis rendue à la vie et à son amant par Jupiter et donnant le jour à la Volupté. Un tel sujet plaisait au peintre, chez qui la tendresse et une sensualité raffinée, délicate, s’unissaient à tant d’élévation. Cette fable ingénieuse, qu’il avait déjà traitée au début de sa carrière, dans les deux importants dessins qu’il fit à

1. Co tableau a été gravé par Roger et par Gelée et lithographié par Marin Lavigne, Moitte et Peronard.

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