LA JUSTICE DIVINE RENDUE A PRUD’HON
L’ Enlèvement de Psyché par Zéphyre fut acheté par le duc de Sommariva et appartient aujourd’hui à sa veuve. On plaça la Justice divine dans la salle des assises à laquelle elle était destinée, et elle y resta jusqu’en 1815. Mais, à cette époque, de pieuse mémoire, ou imagina de remplacer cette peinture par un Christ. Prud’hon, inquiet pour son tableau, demanda qu’il fut déposé dans son atelier jusqu’à ce qu’on lui eût trouvé une autre destination, et il écrivit au préfet de la Seine la lettre suivante :
« Paris, le 17 novembre 1815. — Monsieur le Préfet, étant informé qu’on doit enlever de la salle du tribunal criminel le tableau de la Justice et la Vengeance divine poursuivant le Crime , et mettre un Christ à la place, j’ose vous prier de permettre que ce tableau dont je suis l’auteur soit déposé chez moi jusqu’à ce qu’on lui ait assigné une nouvelle place.
a Cette obligeance particulière de votre part, Monsieur le Préfet, trouvera en moi une reconnaissance égale au respect avec lequel j’ai l’honneur d’être votre très-humble et très-obéissant serviteur.
a Prud’hon, plre.
« Cli‘-r de la Légion d'honneur, rue et maison de Sorbonne1. »