LA JUSTICE DIVINE RENDUE A PRUD’IION
Le premier président Séguier, qui avait retrouvé sa ferveur religieuse en même temps que ses rois légitimes, appuya la demande de Prud’hon dans cette lettre intéressante à plus d’un titre :
« Paris, ce 29 novembre 1815. — Monsieur le Préfet, un tableau allégorique par Prud’hon était placé dans la salle de la cour d’assises. Le sujet ne convenait pas, et vous l’avez fait retirer. L’auteur y attachait beaucoup de prix, qui peut être réel du côté de l’art; il désire l’avoir en garde. Ne pourrait-on pas le lui rendre en propriété, si en place il nous fournissait le tableau propre aux audiences judiciaires? C’est un Christ qu’il nous faut, parce que de tout temps il a été élevé au-dessus des juges. Si un troc entrait dans l’intention définitive de M. Prud’hon, comme je pense qu’il l’entendrait avec une économie devenue indispensable, je pourrais, d’après votre agrément, traiter avec l’artiste, et surtout m’entendre sur la nouvelle composition.
a Veuillez, Monsieur le Préfet, agréer l’hommage de mon attachement respectueux.
« Le premier président ,