‹ Prud'honChapitre 146 sur 201 · DE LA TOILETTE · texte numérisé non relu

DE LA TOILETTE

<( Assise et appuyée sur des Heurs, une jeune Flore reçoit les hommages de plusieurs Génies qui se

TOILETTE POUR MARIE-LOUISE

pressent autour d’elle. Le Génie qui tient les cœurs en sa puissance lui présente ceux de tous les Français que l’Harmonie rassemble, qu’un même sentiment unit. Zéphyre entr’ouvre de son baleine le calice des (leurs; il offre à la déesse ce qu’elles ont de plus brillant et de plus suave. Le Goût dispose des métaux les plus précieux pour en parer sa personne. L’Industrie et le Commerce lui portent à l’envi leurs tributs. Autour du miroir, le Plaisir, qui a tressé la guirlande de fleurs sur laquelle posent tous ces Génies, serre étroitement le nœud qui en réunit les extrémités pour en former un cercle indissoluble.

a De la partie supérieure des deux candélabres fleuris, supports du miroir, s’élancent les Génies de la Poésie, des Arts et des Sciences.

a Des groupes de petits Amours dispersés sur les coffres de la toilette s’occupent, les uns, à filer des jours d’or et de soie et à dévider ces mêmes et précieux fils; les autres, à cultiver la fleur qui est l’objet de leur prédilection et à en recueillir le fruit.

LA PSYCIIÉ ou l’écran.

a Sur le vaisseau d’Isis, emblème de la ville de Paris, s’élève l’autel de l’Hymen, paré de guirlandes de fleurs. La Tendresse et la Fidélité, figurées par

LA TOILETTE DE MARIE-LOUISE

des colombes, en font la base. Le flambeau de l’Hymen orne les angles. Le centre offre deux papillons unis, symbole de l’union des âmes. L’autel supporte une colonne, entourée à sa naissance d’un faisceau de lauriers, et vers son sommet d’un lierre qui se lie étroitement à elle, pour exprimer que de nombreuses victoires ont préparé l’auguste alliance. Les fruits que cette alliance promet à la France sont figurés par ceux dont la corbeille formant le chapiteau est remplie. Le couronnement présente le dieu Mars et une jeune Minerve que l’Hymen unit. Un Amour conduit l’aigle autrichienne, à l’aide d’un lien de fleurs; un autre Amour caresse l’aigle française et la rend sensible. Les deux aigles sont rapprochées par les deux Amours1. »

Tout cela, très-galant sans doute, est passablement amphigourique, et on conviendra que le commentaire de l’auteur n’était pas inutile. Prud’hon ne parle pas de trois des pièces importantes de cet ensemble : le fauteuil, le lavabo et le grand tapis de pied. Le fauteuil, d’une forme assez disgracieuse, posé sur quatre cornes d’abondance remplies de fleurs, présente cependant un motif charmant placé entre le bras et le siège :

I. L’original de cette pièce appartient à M. Fillon. Une noie inscrite en marge du premier feuillet indique qu’elle était accompagnée d’une lettre au préfet de la Seine, qui nous est inconnue.

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c’est une figure de Psyché accroupie qui enchaîne 1 Amour. Le lavabo, en forme de trépied, supporte une belle aiguière sur laquelle court une frise ravissante qui représente la nymphe de la Seine couchée au milieu des roseaux et entourée d’ Amours et d’autres enfants. Cependant les pièces capitales de cette ornementation sont les couronnements en ronde bosse de la psyché et du miroir, ainsi que les groupes des coffrets dont on possède des surmoulages et des dessins. Tous ces objets, en vermeil et lapis-lazuli, exécutés d’une manière admirable, dit-on, par Odiot et Thomire, furent emportés à Parme en 1815. Lors de l’invasion du choléra, le comte de Bombelle les fit briser et fondre, sous prétexte de se procurer des ressources pour les malheureux atteints par le fléau.

« Les ouvriers chargés de cette œuvre barbare pleuraient, dit une lettre que M. Lecomte a eue sous les yeux. Un commissaire parmesan assista au bris et à la fonte du tout, toilette et lavabo, afin que M. de Bombelle pût être bien assuré que rien ne subsisterait plus de ces objets qui avaient le tort de rappeler au palais de Parme, et d’autres lieux, et d’autres temps, et d’autres personnes1. »

Heureusement que la plupart des dessins de ces

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