‹ Prud'honChapitre 145 sur 201 · MARIAGE DE NAPOLEON · texte numérisé non relu

MARIAGE DE NAPOLEON

uni à l’énergie, nuit souvent à la vérité. » Il ne fauchait cei tainement pas généraliser ces observations. 1 1 uct lion est ce qu il est avec ses admirables qualités et les défauts ou plutôt les dangers de sa manière.

Mais il faut convenir que la peinture religieuse n’était pas son fait. Il est amoureux de la forme, sensible, passionné ; il comprend la beauté voluptueuse et la

pureté relative et humaine ; ne lui demandons pas de représenter les austères figures de l’empyrée chrétien, et passons rapidement sur des œuvres qui if ajoutent que peu de chose à sa gloire.

Pendant cette année 1810, Prud’hon fut occupé d’une foule de travaux, détruits pour la plupart, qui ont laissé peu de traces, et que je m’efforcerai de restituer au moyen de dessins, d'esquisses et de documents écrits. Napoléon venait de répudier Joséphine et allait contracter son union fatale avec Marie-Louise d’Autriche. La ville de Paris voulait célébrer cette union par des fêtes magnifiques et offrir à l’impératrice des présents appropriés à la circonstance, qui témoignassent de la satisfaction vraie ou feinte qu’éprouvait la population. Frocliot était encore préfet cle la Seine, et c’est sans doute à son instigation

TOILETTE POUR MARIE-LOUISE

que son vieil ami Prud’hon fut chargé de peindre les décorations qui devaient figurer aux fêtes données à l’hôtel de ville, ainsi que de composer les dessins et de diriger l’exécution de la toilette somptueuse dont le municipe fit hommage à sa nouvelle souveraine le 15 août 1810. Voyons d’abord la toilette, aux dessins de laquelle Prud’hon se mit sans doute aussitôt que le mariage eut été décidé.

Elle se composait de la table avec le miroir et les coffres à bijoux, de la psyché ou l’écran, d’un fauteuil et d’un lavabo. Les formes générales sont celles des objets de cette nature pendant la période impériale, mais, dans une certaine mesure, assouplies et allégées par le grand artiste. Nous ne nous y arrêterons pas : c’est l’ornementation qui seule nous intéresse. Sur ce point, nous possédons un document précieux écrit de la main de Prud’hon : le programme qu’il soumit au préfet de la Seine, et qui explique sa pensée mieux que toutes les descriptions que nous pourrions faire.

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