‹ Prud'honChapitre 152 sur 201 · LE BERCEAU DU ROI DE ROME · texte numérisé non relu

LE BERCEAU DU ROI DE ROME

objet lourd et disgracieux, dont l’ensemble est un modèle de mauvais goiit, et oii les exigences de la mode ont presque étouffé les ravissantes inspirations de sa fantaisie.

Ce berceau, dont les ornements en nacre, burgau et vermeil, ressortent sur un fond de velours nacarat, est supporté par quatre cornes d’abondance, en avant desquelles, aux deux extrémités, sont placés les Génies de la Force et de la Justice, qui jouent le rôle de cariatides; il est formé de balustres de nacre et parsemé d’abeilles d’or. Un bouclier portant le chiffre de l’empereur, et entouré d’un triple rang de palmes, de lierre et de laurier, en forme la tête. Une gloire, planant sur le globe qui surmonte le bouclier, tient des deux mains la couronne triomphale, où viennent s’attacher les rideaux, et au-devant de laquelle brille l’astre Napoléon, que regarde un aiglon placé au pied du berceau; il entr’ouvre ses ailes et semble essayer de s’élever jusqu’à lui. Des rideaux de dentelles semés d’étoiles et bordés d’une riche broderie d’or retombent sur les bords du berceau.

Les morceaux oii se révèle plus particulièrement le talent de Prud’hon sont la Victoire, les deux Génies et les deux bas-reliefs qui ornent le milieu des faces latérales.

La figure de la Victoire, légère, drapée avec un

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