‹ Prud'honChapitre 161 sur 201 · AMOUR ET INNOCENCE · texte numérisé non relu

AMOUR ET INNOCENCE

Le mot d’ordre est donné; l’Ecole est en péril. Cette idée singulière paraît être l’unique préoccupation des critiques grands et petits. Je trouve dans une brochure relative au Salon de 1812 quelques lignes qui concordent parfaitement avec l’article de M. Boutard. « Vénus et Adonis . — Pour tout autre que M. Prud’hon, dit l’auteur anonyme, ce tableau serait passable ; mais son talent nous force à exiger beaucoup. Nous sommes obligés de lui dire qu’il a fait un pas rétrograde. Ici, mauvais dessin : les figures sont trop longues, mal posées, et la couleur rose et violette qui est répandue dans ce tableau est fausse et désagréable. Monsieur Prud’hon, quittez ce genre, ou vous deviendrez dangereux pour l’École 1 . »

Je rapprocherai de Vénus et Adonis trois ouvrages de genres bien différents, de beaucoup moindre importance et dont on ignore la date, mais qui me paraissent conçus dans ce même sentiment tendre et voluptueux. L’un, composition délicieuse qui ne fut, à ce que je crois,, jamais exécutée en peinture, porte le nom de Amour et innocence, et ne nous est connu que par un magnifique dessin très-achevé à M. le duc d’Aumale, un charmant croquis des deux figures à

I. La Vérité au Salon de 1812, ou critique impartiale des tableaux et sculptures, par une Société d’artistes. A Paris, chez Ghassaignon, libraire, rue Mâcon, n° 18. 1812. 44 pages in- 12.

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