‹ Prud'honChapitre 164 sur 201 · Z É PII VUE OUI SE BALANCE · texte numérisé non relu

Z É PII VUE OUI SE BALANCE

défauts habituels y sont à peine sensibles. C’est une inspiration simple, franche et admirablement exécutée, un de ces petits poèmes sans tache qui semblent être les fruits naturels de la gracieuse imagination de Prud’hon et que les plus heureux ne rencontrent qu’une ou deux fois. On ne peut s’expliquer que notre administration des beaux-arts n’ait pas fait depuis longtemps les derniers efforts pour assurer à nos musées un chef-d’œuvre qui fait

tant d’honneur à Prud’hon et à l’Ecole française*

On raconte que l’idée de ce tableau vint à Prud’hon pendant qu’il exécutait le portrait de M. Lezay- Marnezia. Le jeune fils de M. Lezay accompagnait son père. La séance se prolongeait, et pour se distraire, l’enfant ayant avisé deux cordes qui pendaient dans l’atelier, s’y était suspendu et se balançait. Cette donnée frappa Prud’hon, et une de ces scènes que l’on nomme antiques parce qu’elles sont parfaitement belles, pures, naïves, apparut à son imagination. Au bord d’une source, dans un bocage plein d’ombre et de fraîcheur, Zéphyre, sous les traits d’un enfant, se tient des deux mains aux branches de deux arbres jumeaux. Son corps est légèrement infléchi ; il penche sa jolie tête bouclée et regarde son image dans le pur miroir, qu’il effleure de son pied droit. Il a replié sa jambe gauche et semble

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