ZÉPHYRE QUI SE BALANCE
soui ii c do la fraîcheur do l eau. Une légère draperie bleue flotte en arrière autour de lui. La figure, d’un galbe délicieux, d’une exquise et délicate beauté, éclairée d’une lumière mystérieuse, se détache sur le fond obscur du paysage, se modèle par larges plans au moyen de demi-teintes légères, sans aucun de ces excès d’ombre auxquels Prud'hon n’avait que trop souvent recours. L’exécution est fine, moelleuse et cependant d’une remarquable fermeté. L’ensemble, parfaitement harmonieux, est revêtu des plus exquises séductions de la couleur. 11 est impossible d’exprimer la grâce touchante, la candeur, l’innocence de la jeunesse avec plus de bonheur. Je n’oublierai jamais le jour où je vis ce tableau pour la première fois. J en avais les larmes aux yeux. Il est de ceux qui laissent un trait dans le cœur1 2.
Prud lion avait lait de ce tableau une ravissante esquisse , que 1 on pourrait même regarder comme
1 . Le Zephyre qui se balance fut acheté à Prud’hon parle comte Sommariva. Il fut adjugé à sa vente ( 19 février 1839) àM.Guénin qui 1 a légué à M. Valpinson, à qui il appartient aujourd’hui. — Les reproductions de cet ouvrage sont nombreuses. Nous ne citerons que la grande gravure que Laugier fit pour la société des Amis des Arts, celle en petite dimension par Pitaux, publiée par Janet, et la charmante lithographie de Grévedon.
2. Cette esquisse, qui a appartenu longtemps au comte d’Espagnac, fait aujourd’hui partie de la collection deM. Richard Wallace.
ZÉPIIYRE QUI SE BALANCE. 39o
une répétition en petit. 11 l’offrit au comte de Forbin, qui appréciait vivement son talent, comme il résulte de la lettre suivante :
« Paris, ce 5 août ISIS. — Monsieur le comte, j’ai eu bien du regret de n’avoir pas eu le bonheur de vous trouver chez vous ce matin. Je voulais répondre de vive voix aux expressions affectueuses que vous me prodiguez dans votre gracieuse lettre, avec une effusion si franche et si amicale que j’en suis vivement pénétré. Je voulais vous dire de plus que le prix que j’attache surtout au modeste don que vous avez bien voulu recevoir de moi (l’esquisse de Zépliyre) est l’assurance de votre part d’une bienveillance que je m’estimerais heureux de pouvoir entretenir. Veuillez croire que c’est mon vœu le plus cher, et que, si le cœur vous portait d’inclination pour moi, le mien allait d’affection au-devant du vôtre. C’est un sentiment que conservera pour la vie votre tout dévoué.
Deux autres ouvrages restés à l’état d’ébauches, qui représentent de ces scènes qu’affectionnait Pru-