‹ Prud'honChapitre 174 sur 201 · L’AMOUR SÉDUIT L’INNOCENCE, ETC · texte numérisé non relu

L’AMOUR SÉDUIT L’INNOCENCE, ETC

bolise le Repentir, suit en pleurant. Prud’hon fit de cette composition une charmante esquisse, où les ligures sont à mi-corps, comme dans le croquis1, et il termina le tableau ébauché par M1Ie Mayer2. Dans

1. Le croquis et l'esquisse appartiennent à M. Ilis de La Salle. C’est cette dernière qui fut vendue à M. Hyacinthe Didot et qui est mentionnée dans la note de Roger que l’on trouvera plus loin. Dans le croquis, les têtes sont de face. Ce précieux dessin porte cette inscription de la main de Prud’hon :« l’Amour, la Frivolité, le léger Badinage; le Repentir qui. les suit. »

2. La note suivante du graveur Roger, écrite derrière un des dessins mentionnés qui appartient à M. Charpentier, nous fournit des détails pleins d’intérêt sur les rapports des peintres, des graveurs et des marchands à cette époque. Cette note a été écrite en 1816 au plus tôt, car y il est parlé de lithographie, et ce n’est que de cette année que ce procédé fut employé en France.

« Note explicative de l’origine et du résultat de la planche gravée : l’Amour séduit l'Innocence , le Plaisir l' entraîne, le Repentir suit, exécutée d’après plusieurs dessins de Prud’hon représentant cette allégorie, par B. Roger.

« Dans le principe, et semblable à une association qui avait eu lieu entre mon maître L. Copia, Constantin et Prud’hon pour la planche gravée de X Amour réduit à la raison, il me fut proposé de graver un dessin commencé à la plume et un autre terminé sur papier blanc aux crayons blanc et noir de ce sujet; les bénéfices devaient se partager par tiers, moyennant la mise de fonds, peu considérable, et moi l’emploi de mon temps pour ma part. D’après cet arrangement, je fis l’eau-forte d’après lesdits dessins. L’affaire traîna pour d’autres travaux, et de ce que l’on jugea nécessaire

I Innocence préfère l'amour à la richesse, la jeune fille est appuyée sur l’Amour, qu’elle étreint de son bras, et près duquel elle semble venir chercher un abri contre les séductions de la Richesse, représentée par une femme qui tient un coffret d’où elle tire des bijoux qu’elle lui offre. En arrière des deux amoureux gambade maître Cupidon , qui joue avec les

de faire un autre dessin des figures principales. Ce dessin se fit attendre. Constantin voulut se retirer de l’association, et il fut remboursé de quelques avances par le peintre et le graveur. Prud'hon me fournit deux dessins : le premier, d’après nature, du groupe de X Amour et V Innocence, etlesecond, la figure du Repentir. Je recommençai la gravure à l’eau-forte de ces trois figures, et enfin la planche fut terminée, partie sur Iqs deux premiers dessinset sur les nouveaux. Un peu avant l’impression de cette planche et du pendant que j’avais précédemment gravé pour Mlle Mayer, élève de Prud’hon, celui-ci étant sur le point de marier sa fille, me proposa de me vendre la moitié de la planche gravée et son droit d’auteur. J’acceptai et lui payai le prix de 3,<i(38 francs pour l’estimation de la moitié et son droit d’auteur. Son élève me pria de trouver un acquéreur pour le pendant; je trouvai un ami qui lui paya cette planche 6,000 francs, le même prix que j’avais reçu pour la graver. Je restai seul propriétaire de ladite planche et je la mis en vente, conjointement avec le possesseur du pendant, mon nouvel associé. La réussite ne répondit pas à nos vœux. Mon ami ne retira que la moitié de son argent et moi au plus celui que j’avais remis à Prud’hon. En y comprenant les épreuves dont j’ai fait cadeau, mon travail est à peu près perdu et ne se trouve représenté que par une planche en grande partie usée,

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