‹ Prud'honChapitre 179 sur 201 · PORT HAIT S PAR PRUD’HON · texte numérisé non relu

PORT HAIT S PAR PRUD’HON

du public, et leur description serait fastidieuse et inutile. Ils ont d’ailleurs des caractères que l’on peut indiquer d’une manière générale, et leurs qualités découlent directement du genre de talent de Prud’hon, qui devait être et qui fut en effet un portraitiste excellenl. Ses portraits de femmes surtout sont remarquables. Et ce n’est pas sans raison , car nul ne sut mieux que lui surprendre l’expression mobile de son modèle , saisir son caractère intime, moral pour ainsi dire, ses nuances les plus délicates et les plus fugitives. Il était lui-même sensible, impressionnable, rêveur, et il donne aux physionomies un cachet tout particulier : quelque chose de mélancolique et de doux, de tendre et d’ému qui touche profondément. Il fixe sur sa toile ce souffle, ce rien, ce tout : l’âme humaine.

Prud’hon aimait la campagne. Toutes les fois que son travail le lui permettait, il s’échappait et allait passer, avec Mlle Mayer, quelques jours ou quelques semaines aux environs de Paris. A la fin de 1820, il était dans la forêt de Compiègne, d’oii il écrit à son ami Constantin :

« De Saint-Nicolas dans la forêt de Compiègne , ce 5 8he 1820. — Je te félicite de tout mon cœur, mon cher Amédée, sur l’alliance heureuse que tu dois

Page 1