‹ Prud'honChapitre 180 sur 201 · PRUD’HON A CONSTANTIN · texte numérisé non relu

PRUD’HON A CONSTANTIN

contracter avec ton aimable cousine et qui fera, je n'en doute pas, le bonheur à tous deux. Dis bien à ta chère future toute la part que j’y prends, et combien je souhaite que votre félicité mutuelle soit longue et inaltérable. Le mariage est un lien bien doux lorsque les convenances du cœur s’y trouvent : il fait le bonheur continuel de la vie, et je désire que la vôtre se passe sans trouble et sans nuages.

<( Tu me demandes, mon ami, une chose qui me parait difficile à effectuer. Je ne retournerai à Paris que dans les premiers jours de novembre. Serait-il assez tôt pour ce que tu souhaites de moi? M’envoyer les dessins à Compiègne! ils ne pourraient me parvenir dans la forêt qu’un samedi , car de toute la semaine c’est l’unique jour où il y ait des occasions pour la ville. Tu dois voir que cela mènerait bien loin et te mettrait en frais trop considérables , je crois, à raison de la valeur des objets. Tu feras làdessus ce que tu jugeras à propos; je suis toujours à ton service pour tout ce qui peut t’être utile ou agréable. Ton père signait pour moi les dessins de moi qui lui tombaient dans les mains, car jamais je n’en ai signé aucun. Si ceux dont tu me parles, tu les reconnais de moi, rien ne t’empêche d’en faire autant; de plus, tu as ma signature au bas de ma lettre : elle peut te servir de type. Tu dois croire

PRUD’IION A CONSTANTIN.

que je trouverai bon tout ce que tu feras. Embrasse ton aimable future pour moi ; assure-la bien de tout l’intérêt que je prends à son bonheur. Présente à ta chère maman mon attachement respectueux. Mes amitiés à ton frère , et ne m’oublie pas auprès de toute la famille. Reçois pour ta part mes embrassements et l’assurance de mon amitié.

a Prud’hon.

« Mlle Mayer te fait son compliment sur l’aimable lien que tu contractes. Elle te prie de présenter ses civilités amicales à ta maman et à ta chère future1. »

Prud’hon revient à Paris tout plein de ces sentiments affectueux. Il était reposé, rafraîchi, heureux de son propre bonheur et de celui des autres. Il reprit tranquillement ses travaux, sans que rien pût lui faire prévoir la catastrophe qui allait l’atteindre dans ce qu’il avait de plus cher, et le frapper mortellement lui-même.

1. L’original de cette lettre appartient à Mme Amédée Constantin. — Amédée Constantin était le fils de Guillaume-Jean Constantin, l’un des plus anciens amis de Prud’lion, à Paris.

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