‹ Prud'honChapitre 192 sur 201 · MORT DE PRUD’HON · texte numérisé non relu

MORT DE PRUD’HON

qui m’environnent... Elle n’est plus, celle qui devait me survivre... La mort que j’attends viendra-t-elle bientôt me donner le calme où j’aspire?... C’est à ta tombe, ô mon amie, que s’attachent toutes mes pensées, tous mes vœux!... »

Vers le milieu de janvier, Prud’hon s’alita pour ne plus se relever. La maladie dont il souffrait prit un caractère aigu et fit en quelques jours des progrès rapides. Le moribond ne se fit aucune illusion sur son état, et vit venir la mort avec une admirable sérénité. Il garda sa pleine connaissance, reçut ses amis et s’entretint avec eux jusqu’au dernier moment. « Ne pleurez point, leur disait-il; vous pleurez mon bonheur, car je vais rejoindre cet ange de bonté, cette amie dont les suffrages étaient si doux à mon cœur. »

C’est dans cette disposition d’esprit que le grand artiste expira le 16 février 1823, entre les bras de son excellent ami, M. de Boisfremont. Portant sur lui son regard mourant, le pressant de ses mains glacées, il murmura ces dernières paroles : « Mon Dieu, je te remercie!... la main d’un ami fidèle me ferme les yeux. »

« Ainsi finit, ajoute son premier biographe, un peintre dont le génie sublime et le talent précieux lurent dignes de sa patrie! S’il excita l’envie de ses

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