PRUD’HON AU BARON DE JOURSANVAULT
Naigeon sera très-heureux chez elle ; elle lui a témoigné beaucoup d’amitié et d’affection, et me semble prendre ses intérêts avec grand zèle. Pour Ramey et moi, nous allons chercher à nous procurer une chambre, monter notre très-petit ménage et un endroit pour vivre à peu de frais. N’en étant encore
qu’à ce point là, je ne puis rien vous dire d’intéressant de Paris, des tableaux ou de ma propre situation. Cette après-midi, ou demain au plus tard, nous irons rendre nos visites les plus intéressantes : premièrement à M. Wille, M. Watelet, etc., etc., et ensuite les autres. De là nous irons voir les galeries et églises ; et moi , sortant de là et n’ayant point de temps à perdre, j’irai acheter un châssis, de la toile et des couleurs, composer un sujet et le peindre ensuite.
« M. le marquis d’Àpchier a donc la bonté de s’intéresser à moi auprès de Son Éminence. Je désirerais bien savoir si Monsieur a fait tenir à Mme de Menecer une lettre de recommandation qu’elle m’avait fait espérer de lui ; j’oserai dans ce cas vous prier, Monsieur, de la demander à cette dame pour me la faire tenir; car la protection de Son Éminence me serait sûrement très-utile et d’un grand poids, et j’ai très à cœur d’avoir accès auprès d’elle.
a N’ayant encore rien vu et ne sachant sur quoi m’étendre, je m’arrête. Je reprendrai bientôt la plume,