OUVRAGES EXÉCUTÉS A PARIS
une bibliothèque. L’exécution est faible. C’est avec peine qu’on découvre dans cette estampe quelques traces du goût de Prud’hon; et si ce n’étaient la signature et les circonstances qui ne laissent aucun doute sur son authenticité, on ne penserait pas à la lui attribuer 1 .
M. Pelée possède encore une aquarelle que Prud’hon peignit très-probablement à ce premier moment pour Mlle Marie Fauconnier. File représente l’Amour debout, déposant un cœur enflammé sur un autel près duquel est agenouillée une jeune fille à qui le petit dieu donne sa flèche. Sur le cœur sont entrelacées les deux lettres M. F., initiales du nom de Mlle Fauconnier. Un chien, emblème de la fidélité, complète cette composition2. Prud’hon fit aussi un charmant portrait au crayon noir, rehaussé, de Mlle Fauconnier. Elle est représentée de trois-quarts, coiffée d’un bonnet à la paysanne, la poitrine couverte d’un fichu. Le jeune artiste lui donna pour pendant
1 . Cette planche, dont on a tiré quelques épreuves, est signée à gauche Prud’hon fecit. Le dessin de la composition à la mine de plomb sur papier blanc, que possède également M. Pelée, présente quelques variantes. Le fond de l’appartement n’est pas circulaire et il est orné de sculptures à la place qu’occupe la bibliothèque dans la gravure.
2. Cet ouvrage, auquel l’auteur semble avoir attaché une certaine importance, est signé P. P. Prudon inv. et delin.
OUVRAGES EXÉCUTÉS A PARIS. f,7
le portrait d’une jolie marchande de modes amie de Mllc Marie. Les cheveux tombent sur les épaules, le sein droit est découvert, le visage très-régulier a une expression délicieuse1.
Ce n’est qu’avec hésitation que nous rapportons à ce séjour à Paris un dessin à l’encre avec des rehauts de blanc, que possède M. Gauthier La Chapelle, et qui représente Joseph debout expliquant leurs songes au grand économe et au grand panetier, qui sont assis et enchaînés. Un important dessin à la pierre noire, Guerrier mourant pour sa patrie , qui appartient à M. Eudoxe Marcille, pourrait être aussi de cette époque. A droite, le guerrier, soutenu par la Victoire et par un autre personnage héroïque, s’avance vers l’Immortalité, symbolisée par une figure assise, à peu près au milieu de la composition, qui va le couronner. A gauche, le Génie et la Muse de l’histoire inscrivent ses hauts faits. On trouve des traces évidentes du talent et de la manière dePrud’hon dans cet ouvrage, et aussi une influence très-marquée de l’école de David, qui autorise à penser qu’il a dù être exécuté pendant ce séjour de Prud’hon à Paris. C’est également alors, ou peut-être un peu plus tard, vers 178&, qu’il fit une composition à la plume, la Famille heu-