‹ Prud'honChapitre 49 sur 201 · L original de cette lettre appartient à M. Pelée · texte numérisé non relu

L original de cette lettre appartient à M. Pelée

PRUD’HON A M. DEVOSGE.

ture du palais Rospigliosi, et il lui donne en môme temps des renseignements très-précis sur les dépenses qu’entraînerait cet ouvrage.

« De Rome , ce 5 octobre 1785. — Mon sieur, puisque le tableau qu’ont ordonné MM. les Élus est pour décorer un plafond et qu’ils avaient fait choix de r Aurore du Guide, qui est en effet le plus agréable en ce genre qui soit à Rome, il ne me reste qu’à vous faire part des difficultés qui s’opposent à l’exécution de leur volonté. Je suis allé dimanche passé, 2 de ce mois, pour avoir la permission de copier le tableau que vous me demandez; le custode , qui est celui à qui on s’adresse pour faire signer au prince le mémorial qu’on lui présente pour obtenir son consentement, m’a dit d’abord que le prince ne s’était jamais soucié qu’aucun artiste fît des copies chez lui; mais surtout que, depuis qu’il était arrivé certains accidents aux meubles qui décorent ses appartements par la faute de ceux qui copiaient, il ne voulait absolument plus donner la permission à personne. Làdessus il me raconta deux histoires, à une desquelles je ne m’attendais guère; la première, qu’un peintre turinois, ayant obtenu de faire une copie d’une médiocre grandeur de ce même plafond du Guide, était resté un an et plus à la terminer ; il ne venait

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travailler que rarement, faisait ou disait des impertinences à ceux qui étaient chargés de lui ouvrir les portes du salon où se trouve ce tableau et passait enfin une grande partie du jour à dormir ou à ne rien faire, quoique le prince lui eût dit lui-même de se dépêcher. Cette anecdote et beaucoup d’autres semblables lui avaient extrêmement déplu; mais la dernière l’a totalement rendu inflexible. La voici : le Triomphe de David , qui est, je crois, le plus mauvais tableau qu’ait fait le Dominiquin (puisqu’on ne l’imaginerait jamais de ce grand maître, si on ne prenait soin de vous le dire), et que M. Dubois seul trouvait admirable, au point de vouloir en régaler d’une copie la Province de Bourgogne, ce tableau, dis-je, se trouve justement dans une petite salle à la suite de celle où est l’œuvre du Guide; pendant le temps donc que le copiait M. Dubois, qui prenait son temps sans se gêner, quelqu’un qui le connaissait vint en son absence pour en voir la copie, et maladroitement la fit tomber sur deux vases d’albâtre oriental qui furent rompus. On cacha cet accident au prince pendant quelque temps, mais enfin il le sut, et depuis personne n’a pu tirer de Son Excellence la permission de copier aucun tableau, quelques moyens qu’ils aient pris pour l’obtenir. Il a refusé deux cardinaux et diverses autres personnes de considération, qui voulaient bien

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s employer pour quelques artistes qu’ils protégaient. Un prince russe voulant acheter une copie de /’ Aurore du Guide faite d’après une autre copie , et désirant la confronter avec l’original, celui de Rospigliosi (le prince), n’a jamais voulu permettre qu’on la transportât chez lui; mais ce qu’il y a encore de pis pour nous, c est que M. Dubois, pour faire son tableau, avait employé le crédit du cardinal de Remis, et je doute fort que Son Éminence, après une semblable histoire, veuille encore se charger d’obtenir une permission du piince Rospigliosi; déplus, ce même prince est pai ti depuis deux ou trois jours pour un voyage de trois ans, m’a dit M. Digne, et dans cet intervalle de temps on doit travailler à la restauration et décoration de ce même salon, qu’occuperait une toile de vingt-cinq pieds et quelle remplirait presque en entier; de sorte que, comme il n’y a pas beaucoup de temps a perdre, les obstacles en deviennent plus giands et la réussite des démarches qu’on pourrait laire a cet égard presque impossible. Jugez-en vousmême, Monsieur, d’après toutes les difficultés qu’on m’a opposées. Quant h ce qui regarde les frais que demande l’exécution cl’une copie de vingt-cinq pieds de long sur quinze pieds quatre pouces de haut, il n’est pas possible, malgré toute la bonne volonté que j’ai d’économiser les fonds de la Province,

PR U D’Il ON A J\I . DEVOSGE.

que la somme de six cents livres puisse y suffire. Premièrement pour la toile, qui serait de la meilleure qualité qu’on emploie dans ce pays-ci, à l’impression de laquelle on mettrait tout le soin que demande une pareille machine, après m’être informé du prix qu’on demanderait pour la préparer, les cohraces m’ont assuré ne pouvoir pas le faire à moins de 45 écus romains, qui font, monnaie de France, 243 fr. et quelques sols, prix qui m’a d’abord épouvanté. Secondement, pour ébaucher et peindre un tableau de cette grandeur, j’estime, suivant le rapport des mêmes coloraces, qu’il faudrait y employer pour pareille somme au moins autant de couleurs, laquelle dépense, soit pour l’un soit pour l’autre objet, ferait déjà 486 ou 7 livres à cause des sols; resterait donc 113 ou 14 livres pour les frais d’une caisse de quinze pieds et demi pour remballage, d’une escabelle trèsélevée pour atteindre au haut du tableau, d’une boîte à couleurs, des palettes, brosses, pinceaux, chevalet ou choses semblables. Après cela viendraient les manches, autrement dit les étrennes, qu’il faudrait donner tous les mois au custode, qui se monteraient à 10 ou 12 paoli par mois, qui font 5 ou 6 1. de France, et cela pendant tout le temps qui sera employé à l’exécution dudit tableau, qui serait de longue haleine; ensuite beaucoup d’autres menus frais, soit pour

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tiansports et autres besoins qu’on ne peut prévoir. Ao^ez vous-même, Monsieur, d’après les dépenses qu il me faudrait faire, si je pourrais m’en tirer. M. Naigeon a fait le sien1, qui a treize à quatorze pieds de long sur dix ou onze de haut, pour J 00 écus romains, qui tout 55/i 1. de France; celui que vous m ordonnez a plus de moitié de grandeur que celui de M. Naigeon, et vous penseriez que /|6 I. en sus du prix qu on lui a donné pourraient suffire pour une machine aussi considérable? De plus, il est à croire que deux tableaux de la moitié de grandeur de celuici entraîneraient moins de peine qu’une machine comme celle-là. Pour moi, sans fixer les frais de ce tableau, qui ne peuvent bien se calculer que lorsque 1 ouvrage est fait et emballé, si on voulait s’en rapporter à ma probité ou bonne foi, on pourrait être persuadé qu il n y aurait pas un sol d’ajouté de plus au montant de la dépense contenu dans le mémoire que j’aurai l’honneur de vous envoyer pour MM. les Élus de la Piovince : c est tout ce que je puis dire. A l’égard des originaux en plafond, en cas qu’on ne puisse pas obtenir la permission de copier le premier, il ne reste plus à ma connaissance que /’ Assemblée et le Festin

1. La petite notice sur Jean Naigeon, imprimée en 1848 chez \inchon (in-8° de 7 pages), ne dit rien de cette copie, exécutée par le camarade de Prud'hon pour les états de Bouraosne.

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des Dieux à la Farnesine, et le Triomphe de Bacclius, du Carrache, au palais Farnèse. Les deux premiers, quoique exécutés sur les cartons de Raphaël, pèchent beaucoup contre la correction du dessin, mais les caractères des têtes en sont sublimes ; le second est faible de couleur. J’ose donc vous prier, Monsieur, de me faire réponse tout de suite. Je vais l’attendre pour commander la toile et la faire imprimer, et elle séchera ensuite en attendant que vous m’envoyiez de nouveaux ordres.

« J’ai l’honneur d’être, dans les sentiments d’un attachement tendre et respectueux, Monsieur, votre très-humble, très-obéissant serviteur et élève,

u Prud’iion, peintre. »

Deux mois plus tard, nouvelle lettre à M. Devosge. Les Élus n’ont pas encore pris de décision, et Prud’hon attend leurs ordres avec impatience. Mais cette affaire qui traîne n’est pas le seul souci du peintre. Il a laissé à Cluny sa femme et son petit Jean. La sollicitude de l’excellent M. Devosge s’étend à la famille de son élève, et Prud’hon le remercie avec effusion.

« De Borne > ce 21 décembre 1785. — Monsieur, si les paroles pouvaient exprimer ces sentiments

PRUD’HON a m. devosge.

profonds qu’éprouvent quelquefois les cœurs sensibles, . le mien vous dirait combien il s’est senti attendri et pénétré en lisant la lettre où ma femme me marque les secours que vous avez bien voulu lui faire passer: 150 1. Eh! Monsieur, quelle pourra être jamais la mesure de ma reconnaissance, et quels moyens emploierai-je pour m’acquitter jamais envers vous? Tout ce que je pourrai faire ne suffira pas meme à reconnaître le zèle que vous avez mis à lui rendre service.. Envoyé à Rome, où votre prévoyance et vos soins ne laissent à vos élèves qu’à profiter des avantages que vous leur avez obtenus de la Province,

1 inquiétude et le souci venaient souvent troubler cette tranquillité d’âme si nécessaire à l’étude et dont j avais besoin ; j’ai osé vous exposer ma peine et. vous vous êtes aussitôt empressé à l’adoucir. Vous ne vous lassez pas d’obliger, et le bienfait que vous donnez n’exclut jamais l’espoir d’en obtenir un autre : tout different en cela de ces hommes superficiels qui, nous étant dévoués lorsqu’on n’en a pas besoin.’ outragent la confiance par des refus quand il s’agit tout de bon de rendre service. Le misérable leur cache sa peine, de crainte qu’il ne lui reste que la honte de s’être mal adressé. Pour vous, Monsieur, qui n avez jamais cessé de continuer vos bontés envers moi, je ne désire que l’occasion de vous mon-

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trer combien j’y suis sensible par tout ce qui dépendra de moi.

« J’attends avec empressement vos ordres pour l’exécution du tableau que demande la Province. Gomme j’ignore le choix du sujet et que je doute (d’après les difficultés qu’on m’a opposées à l’égard de celui de V Aurore du Guide) qu’on puisse obtenir la permission d’en faire une copie, je pense que, pour peu qu’il soit compliqué, je n’aurai pas beaucoup de temps pour exécuter un aussi grand tableau ; c’est pourquoi j’ose vous prier, Monsieur, de faire le plus de diligence qu’il vous sera possible. Vous ne devez pas douter que je ne fasse tous mes efforts et que je n’emploie tous mes soins pour répondre du mieux qu’il me sera possible à ce que vous attendez de moi.

« Au renouvellement de cette année, Bertrand joint ses vœux aux miens pour la conservation de votre santé, qui nous est précieuse ; nous y joignons celle de M""' Devosge et de toute votre aimable famille, comme aussi la réussite et l’accomplissement de tout ce qui peut vous intéresser. Puisse le Ciel les exaucer comme nous le désirons ! Jl vous prie aussi de ne pas l’oublier pour ses bustes auprès de MM. les

Elus; il est inquiet de ne recevoir aucune nouvelle sur leur arrivée à Dijon ; il ne sait qu’en penser. De

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plus, il est un peu gêné et court d’argent ; il serait bien aise, ou de recevoir de 31. de Montigny (qui cependant ne lui a pas encore écrit) celui qu’il en attend pour les bustes qu’il lui a envoyés, ou celui que vous lui avez fait espérer de MM. les Élus pour les têtes d Ariane et de Bacchus, qui devraient être rendues à Dijon, étant parties de Rome depuis huit à neuf mois. C’est pourquoi il vous supplie, Monsieur, de lui en donner quelques nouvelles.

« Je suis, avec un profond respect et un sincère attachement, Monsieur, votre très-humble, trèsobéissant serviteur et élève,

« Prüd’hon, peintre. »

Les fresques de Raphaël, à la Farnésine, et le Triomphe de Bacchus, du Carrache, parurent encore, semble-t-il, d un goût trop sévère, car une nouvelle lettie de Prud hon à M. Devosge nous apprend qu on se décida pour le plafond de Pierre de Cortone, au palais Barberini. Prud’hon ne fut guère satisfait de cette décision, comme nous le verrons par un billet a son ami Fauconnier. J1 prit pourtant son parti en brave, et, à l’instigation sans doute de 31. Devosge, il modifia et transforma le sujet de la composition du peintre italien, tout en en conservant les dispositions et les figures principales. C’est

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Condé qui deviendra le héros de la peinture destinée

au plafond de la salle des Etats, et Prud’hon, en remerciant son protecteur de ses nouvelles bontés pour sa femme, lui explique lui-même son projet :

« De Rome, ce 10 janvier 1786 . — Monsieur, la malheureuse position où se trouvait ma femme, la peine cruelle que je ressentais de ne pouvoir soulager sa misère, vous exprimeront mieux que tout ce que je pourrais vous dire combien j’ai été sensiblement affecté du service que vous avez bien voulu lui rendre. En allégeant ses peines vous m’avez rendu une tranquillité que les soucis et les inquiétudes avaient depuis longtemps chassée de mon esprit. Je vous dois donc, Monsieur, jusqu’au repos dont je jouis ! Et cependant, loin d’être chargé du poids de la reconnaissance, je sens, au contraire, que j’ai du plaisir à tenir tout de vous. Il ne me manque, hélas ! que les moyens de vous prouver combien j’y suis sensible.

« Le long retard du courrier qui m’a apporté

votre lettre, et qui a été occasionné par les mauvais temps et les mauvais chemins, m’a ôté le temps de faire l’esquisse que vous m’avez demandée ; c’est pourquoi j’ai cru devoir plutôt vous envoyer la gravure du palais Barberin que de risquer, en en taisant

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•me esquisse, quelle ne vous arrive plus à temps ; de plus, vous jugerez mieux de l’effet par l’estampe que sur l’esquisse, qui n’aurait pu être faite qu’à la Inde. Chaque figure de ce plafond sont des emblèmes de religion. Celle qui occupe le milieu est la Prudence (?) ; le Temps, qui dévore tout, et la vie des hommes, que filent les trois Parques, sont également soumis à ses décrets. Elle est entourée de la Prudence, de la Justice et de plusieurs autres vertus qui ne sont point assez caractérisées pour les reconnaître

Eüe ordonne à ''Immortalité, qui tient une couronné d etodes, d’en parer les armes Barberines, qui sont soutenues par trois femmes dont on ignore les noms.

La ReliSion Y joint les clefs célestes, qui ouvrent et Ici ment tout, a volonté, et Rome, pour mettre le comble à leur gloire, les surmonte de ce triple diadème qui sur la tête des Césars faisait trembler la terre, mais qui aujourd’hui n’en impose qu’à la faiblesse. Quoi qu’il en soit, comme les sujets allégoriques peuvent s’interpréter de bien des sens, on pourrait de celui-ci en faire la Gloire au milieu des ' ci tus, et a laquelle on ne peut atteindre que par leur moyen ; l’éclat qui l’environne ne s’étend pas seulement au terme de la-vie marqué par les Parques, mais même ne peut être altéré par le Temps, auquel rien ne résiste. L’Immortalité, sa fille, s’empresserait

à couronner les armes des Coudés qu’entourent de lauriers les compagnes de la Victoire, laquelle serait signifiée si on veut par cette femme armée qui tient une tiare, et qui tiendrait alors une couronne de lauriers. Les anciens représentaient quelquefois la Victoire armée et sans ailes quand ils voulaient désigner qu’elle n’avait jamais quitté un parti. Ses compagnes sont, je crois, la Prudence, l’Activité, l'Intrépidité, le Courage, etc.

« Je ne sais si ce serait bien comme cela. 11 faudra, Monsieur, que vous me marquiez vos idées à ce sujet, et, de plus, vous m’envoyiez les armes de Condé, car je ne me rappelle plus de quel côté on fait pencher la barre qui est au milieu. Les figures les plus en avant dans le tableau auront à peu près cinq pieds et demi de proportion ; ainsi je pense qu’elles seront d’une grandeur assez convenable à l’emplacement. Aujourd’hui j’ai commandé la toile. Pendant le temps qu’on l’imprimera et qu’il lui faudra pour sécher, je compte m’occuper de la copie du portrait du cardinal de Bernis , que désire avoir

M. l’abbé de la Farre. Je pense que Son Eminence m’accordera facilement la permission d’en faire une copie. A l’égard de la permission que je dois demander pour la copie du plafond Barberin, je ne puis vous en rendre compte dans ce moment-ci : comme je n’ai

PRUD’HON a m. deyosge.

îeçu votre lettre que d’hier et que le courrier part demain, je n ai pu encore faire les démarches nécessaires pour l’obtenir, et j’espère qu’il n’y aura pas de difficultés, auquel cas M. l’abbé de la Farre aurait la complaisance d’écrire à Son Éminence, que je ferai prier par M. Digne, ou que je supplierai moimême de vouloir bien s’intéresser pour obtenir cette permission.

« Nous avons eu à Rome deux tremblements de terre, qui, à la vérité, ont donné l’alarme à tous ses habitants ; mais on en a été quitte pour la peur. Ce qui n’a pas peu contribué à la dissiper, ce sont les prières qu a ordonnées Sa Sainteté, comme préservatif contre de tels incidents. Ce remède a eu tout son etïet, puisqu’on a cessé de ressentir des secousses. Mais malheureusement, à vingt lieues de Rome, il n’a pas été aussi efficace, car elles ont renversé quelques maisons à Terni et continuent encore à s’y faire sentir. La plupart des habitants, dit-on, ont délogé, et on a étayé les maisons qui restaient en pied. On imagine que ce pourrait bien être un volcan qui voudrait prendre jour de ces côtés-là. Enfin, dans ce pays-là, on est encore sur le qui-vive ; mais à Rome on n’y pense presque plus.

« J’ai vu Petitot à l’occasion du quartier de notre pension. Son marbre est à Civita-Vecchia depuis quel-

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que temps; il doit même vous l’écrire, m’a-t-il dit. Les pluies continuelles, qui ont fait grossir et déborder le Tibre, ont empêché les barques chargées de marbre de remonter jusqu’à Rome : c’est tout ce que j’en sais. J’ai vu aussi son plâtre du Gladiateur ■, qui est autant beau qu’on puisse l’avoir, puisque le prince Borghèse, à qui appartient l’original en marbre, ne veut plus absolument permettre qu’on le moule.

a Je vous prie, Monsieur, de présenter mes respects à Mme Devosge. J’embrasse aussi tous vos aimables enfants. Si j’osais, je vous prierais de faire des reproches à M. Monnier 1 2 de m’avoir entièrement et si facilement oublié; en même temps vous l’assurerez de mon attachement.

« Je suis, Monsieur, avec un respectueux attachement, votre très-humble, très-obéissant serviteur et élève,

a Prud’hon.

« Bertrand et Jendeau m’ont chargé de vous assurer de leurs respects ". »

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