ENFANCE DE P R U D’H ON
de le perdre de vue un seul instant. Celte sollicitude maternelle influa sur son caractère, car il conserva toute sa vie cette douceur de mœurs et cette aménité, apanage du sexe qui présida à sa première éducation. »
Comme un grand nombre d’hommes diversement distingués ou. illustres, Prud’hon fut en effet deux fois le fils de sa mère : fils de ses entrailles et davantage encore de son cœur tendre et passionné. On ne peut douter qu’elle développa dans la jeune âme de son enfant bien-aimé cette délicatesse exquise, cette sensibilité extrême, presque maladive, où il puisa ses chefs-d’œuvre, mais qui fut la source de ses mallieu rs.
Prud’hon resta sous l’œil maternel jusqu’à sept ou huit ans sans qu’on se soit, semble-t-il, occupé en aucune manière de son instruction. Il jouait et courait avec les enfants de son âge, et sa principale occupation était d’aller avec eux chercher du bois dans la forêt des Bénédictins de Clunv. Ce soir, il
revenait chargé de son fagot, avec lequel la mère faisait cuire le souper de la famille. Ces choses pouvaient continuer ainsi : Prud’hon serait devenu tailleur de pierres comme son père. Mais son bon génie intervint sous la figure du curé Joseph Besson, qui le rencontra un beau jour, et tut tellement charmé par