LA FAMILLE DE PRUD’IION
bilait cette nombreuse famille existe encore; elle est située au fond d’une impasse, sur la paroisse de Saint-Marcel. C’est un petit bâtiment de chétive apparence, mais qui n’a pourtant rien de triste ni de misérable. Il ne renfermait que deux ou trois pièces : en bas, une cuisine dont la porte, élevée de trois marches, se fermait au moyen de volets de bois; à coté et à gauche, une chambre qui s’ouvre à ras du sol par une porte vitrée; plus à gauche encore, une autre porte grossière de pressoir ou d’écurie. Au premier, on voit une seule fenêtre assez grande, et plus haut immédiatement sous le toit, couvert de tuiles creuses, une lucarne presque carrée. Un vieux cep de vigne, qui doit être famé de Prud’hon, jette ses bras incultes le long des parois du modeste nid d’où s’est envolé l’enchanteur U Prud’hon était trèsjeune lorsqu’il perdit, dans l’espace de quatre mois, son père et sa mère1 2, dont il était le préféré. « Elle l’aimait avec une telle passion, dit M. \oïart, l’ami et le premier biographe du peintre, qu’elle craignait
1. Voir une jolie vignette de cette maison, dans le Magasin ; pittoresque , mai 1857.
2. Les biographes font mourir le père de Prud lion lorsque celui-ci était en bas âge, et sa mère plusieurs années plus tard. C’est une erreur, comme on le verra par une lettre de Prud lion a M Fauconnier, écrite de Turin, et que l'on trouvera plus loin.